Paris des jours et des nuits, de Patrick Modiano

Article du 21 septembre 2024


Sa voix est unique, on la reconnaît à un bout de phrase, un nom de personnage, celui d’une rue ou d’un quartier. Depuis un demi-siècle et « la place de l’Etoile », ils nous enchante. Gallimard a eu la bonne idée de ressembler neuf de ses romans « parisiens », même si hors « Villa Triste », ils le sont tous plus ou moins, parus entre 1982 et 2019 (« De si braves garçons », « Quartier Perdu », « Un cirque passe », « Du plus loin que l’oubli », « la Petite Bijou », « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier », « Voyage de noces », « Encre sympathique », « Des inconnues »), auxquels s’ajoute un récit inédit, « Brassaï de la nuit » (paru chez Hoëbecke en 1990 sous le nom de « Paris tendresse » et justement tiré de l’oubli. Et c’est cette même voix unique qui se tisse, se croise, file doux, au gré des des aventures proches, des personnages similaires. Ces dix textes à la file, plus un bref avant propos de l’auteur, des photos commentées par ses oeuvres mêmes forment la trame d’un récit unique, dans les tons gris, cultivant le noir et blanc comme un bel art (avec, en prime les photos de Brassaï sur le thème de la nuit), une sorte de lumière de couvre-feu, qui donne à la patte modianesque sa touche de charme ineffable. On ajoutera, pour faire bonne mesure, que ce volume  de Quarto de 1024 pages constituent pour 27 € le meilleur rapport qualité prix littéraire de l’année.

Paris des jours et des nuits, de Patrick Modiano (Quarto Gallimard, 1024 pages, 27 €).

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Publié le  21 septembre 2024 par
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