Célèbre de Maud Ventura
De Maud Ventura, on avait aimé son premier livre, Mon Mari, couronné, à l’unanimité, par le prix du 1er roman 2021. Et on avait apprécié son « regard drôle, féroce, sarcastique et sardonique sur la vie conjugale« . En même temps que son « ’écriture vive, précise, pulpeuse, enjouée« . On retrouve ces mêmes qualités, habileté à tenir un récit vif, haletant, saccadé de bout en bout, ironie joliment cruelle, méchanceté vive et piquante qui se faufile avec habileté dans ce long récit dont on ne perd pas une miette. De quoi s’agit-il cette fois? L’histoire de Chloé Louvent, né dans une « banale » famille d’enseignants, qui veut rompre avec son milieu, sans toutefois couper les ponts avec ses parents franco-américains, et devenir, célèbre, coûte que coûte. Elle décide de vivre à New-York, écrit des chansons, seule dans sa chambre, habite en co-location, travaille dans une librairie pour gagner sa vie, mais n’a qu’un but en tête : être célèbre, donc riche, donc adulée. On le sait depuis Madame de Staël : » la gloire est le deuil éclatant du bonheur. » Ce livre, si moderne, est en le reflet malicieux. Sur ses gardes, veillée par une armée de collaborateurs/trices, se méfiant de ses concurrents, régulant ses amours (et le sexe, ce qui n’est pas forcément la même chose) sur le tempo d’une carrière tracée, dessinée, entre les pointillés des débuts et les exigences d’un itinéraire semé d’embûches, elle se raconte – et nous raconte – son passé, son présent, son avenir. On imagine le sourire de l’auteur derrière cette héroïne enviable autant qu’haïssable qu’elle décortique avec la minutie d’un entomologiste. Lisez ce récit piège jusqu’à la chute finale, embarquez-vous pour l’aventure, vous ne serez pas déçu…
Célèbre de Maud Ventura (L’iconoclaste, 540 pages, 21,90 €) .








