Le Tire-Bouchon Rodier
« Paris 9e : Marc Favier, le retour »
Marc Favier ? Il oeuvra, neuf ans durant, dans l’ombre de Jean-François Piège, notamment chez Thoumieux rue Saint-Dominique à Paris, où l’on découvrit alors ce jeune homme impétueux et enthousiaste, rondouillard et le crâne rasé. On insiste à dessein sur son physique car le Marc Favier d’aujourd’hui ressemble assez à peu celui d’hier, qui fut aussi, rappelons-le, le maestro du Bouillon bistronomique de la rue de Rochechouart, dans le 9e, et le chef étoilé de Marcore, derrière la Bourse, qui travailla un temps pour son voisin Sylvain Sendra chez Fleur de Pavé.
Le voilà transformé, chevelu, barbu, fougueux et séducteur, aminci, jouant l’homme orchestre, derrière son comptoir, de son « tire bouchon Rodier », du nom de la rue montante ou descendante, cela dépend de quel point de vue on se place. Le lieu, qui se nomma jadis le Comptoir Canailles, offre ses tables hautes ou basses, son comptoir façon « bar à manger » et joue sur la décontraction et la qualité des produits proposés.
Courgettes en escabèche, menthe, curry, crème crue, oeuf de la ferme de M. Chevallier, mimosa, estragon, pain de campagne qu’on sert avec la grosse motte de beurre de la ferme Pis qui chante … à volonté, saucisson de la maison Cabrié, mais encore pois chiches de Rougiers, vinaigre et chorizo, tartare de thon rouge, gingembre coriandre, citronnelle, glace wasabi ou encore les croquettes de brandade de morue sauce tartare se croquent avec plaisir.
On y ajoute, le poulet frit des Landes d’Arnaud Tauzin, sauce barbecue, façon « fried chicken » de la streefood, tendre et épicé. Et l’on boit là dessus le chinon les Beaux Monts de Catherine et Pierre Breton, avant de céder aux plaisantes douceurs, comme les abricots rôtis croquants aux amandes avec leur glace amande et la tarte à la reine-claude et yaourt grec. Une belle demeure à découvrir et un chef à retrouver.













Ce chef, c’est du bonheur à partager.