Anthon
« Obersteinbach : la royale simplicité de Georges Flaig »
Cette auberge, reine du chic discret au coeur des Vosges du Nord, on la suit depuis belle lurette. Aux commandes, Georges Flaig, l’un des petits princes de la cuisine d’Alsace, formé jadis chez Loiseau à Saulieu, Westermann au Buerehiesel, Rochedy au Chabichou à Courchevel, à la Pinède de Saint-Tropez, qui joue l’Alsace et ses saveurs intègres en version bio, légère, fraîche, douce, indulgente, pile comme on l’aime. Son style ? Une simplicité rayonnante qui scintille, brille, séduit.
Le lieu est magique, l’auberge légendaire, la couronne des châteaux forts, qui sépare des Vosges du Palatinat, forme un environnement digne d’un conte ancien. Il y a la beauté de la terrasse d’été, les chambres soignées, certaines avec alcôves, les trois cabanes au dehors qui permettent de dormir sous les étoiles, l’accueil bienveillant de la douce Sonia, le salon quiet, les vins choisis d’Alsace et d’ailleurs à des tarifs qui ont su raison garder.
La cuisine colle au plus près du terroir des Vosges du Nord et de l’Alsace en général, avec le feuilleté au pavot, les croquettes aux courgettes, les pickles du jardin en amuse gueule, puis la burrata de bufflone du proche village d’Uhrwiller avec les copeaux de betteraves rouges du jardin ou encore la terrine de foie gras de canard mi cuit et son chutney, les ravioles de truite de Wingen façon schniderspätle (les fameuses pâtes de tailleur à la mode l’Alsace du Nord, aux échalotes confites.
On accompagne le tout de jolis vins en accord, comme le muscat Kamm de chez Mélanie Pfister à Dalenheim 2023, le Trovium (mélange de trois pinots) Frédéric Mochel à Traenheim 2017 ou encore le Saint Joseph blanc du domaine du Chêne à Chavanay 2023 au jolinez de pêche et d’abricot. On fait le « trou » digestif avec un très local sorbet à la fleur de sureau, avant les plaisirs carnassiers.
Il y a ainsi le superbe magret de canard de la ferme Goettelmann à Meistratzheim braisé aux épices douces ou encore les régionaux fleischnacka, les « escargots de viande » en pâte à nouilles traditionnellement farcis de boeuf et que l’on remplace ici par du lapin aux champignons. Idée exquise que l’on accompagne d’un sancerre rouge du domaine de Terre Blanche 2020 ou du tout voisin pinot noir passion de la Cave de Cleebourg 2020 qui passe là dessus avec aise.
On achève sur les glaces maison (au fromage blanc et myrtilles), la panna cotta aux fruits des bois, le millefeuille glacé au chocolat noir avec son coulis d’oranges amères, la crème brûlé à la rhubarbe ou encore le classique et exquis vacherin glacé grand mère à la vanille bio et fraise. Bref, on se dit qu’il y a là une maison parfaite pour l’étoile verte du Michelin, qui use avec générosité de toutes les ressources du terroir régional. Chiche?













