Le Bistrot du Peintre
« Paris 11e : les grâces Art nouveau du Bistrot du Peintre »
On est passé mille fois devant sans s’arrêter : ce beau bistrot classé millésimé 1902 a été rénové par son actuel propriétaire Hervé Bonal, auvergnat, fou de bons vins, qui y a travaillé une décennie, d’abord comme serveur, ensuite comme gérant, avant de le racheter, il y a douze ans, et de le garder dans son jus Art Nouveau. Stucs et peintures au plafond, sol de mosaïques, frises et boiseries, beau comptoir en zinc avec ses parois en bois, ses incrustations en cuivre, miroirs chantournés et fresques façon Mucha valent le coup d’oeil.
Mais l’atmosphère relax, les prix sages, les crus choisis, le service prompt et les assiettes généreuses, bref la gentillesse du lieu, méritent l’étape. On sait ici faire simple sans trop de complications à coups d’oeuf mayo au curry, roquette, chips d’oignons, de harengs pommes à l’huile, d’assiette de légumes chauds au pesto, d’andouillette de Troyes AAAAA avec échalote confite posée sur sa pomme purée au comté.
Cela se renouvelle au fil de l’ardoise, avec une pomme de terre farcie de jambon et cantal ou un pavé de lieu jaune avec son flan de poivrons et de courgettes – un peu fade, toutefois, malgré son coulis de tomates épicées. Les jolies surprises viennent des desserts, comme cet exquis sablé breton avec sa crème (corsée) au chocolat ou cette originale et savoureuse tarte à l’orange confite « de ma mère », joliment amère.
Le choix de vins n’est pas en reste avec une sélection qui couvre (presque) tous les vignobles. Le chinon ‘ »les galuches » de Wilfrid Rousse comme le brouilly du domaine des coteaux de Fon Curé, servis en pot beaujolais de 46 cl. Et la maison ouvre tous les jours. Qu’on se le dise !











