Le singe du side-car de Patrice Delbourg

Article du 18 mai 2024

Fragile depuis des siècles, le poète plie mais ne rompt pas. Ainsi le singe sur le side-car qui tangue sur sa moto vibrante sans chuter. Ainsi encore Patrice Delbourg, qui depuis « Toboggans« ‘ (Athanor, 1976) balance entre mal être et ironie avec brio. On se souvient du « Vivre surprend toujours – Journal d’un hypocondriaque« , de « Une douceur de chloroforme » et de « Un certain Blette« . Debourg demeure ici fidèle à lui-même, se souvient d’Henri Calet (« Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. « ) distille ici ironie, souvenir (un père qui savait vendre ses laitues avec malice et roublardise, exhibant la belle salade, mais enveloppant la blette fanée ) et malaise général, l’art de mal vivre et d’apprendre à vieillir se disent ici en séquences libres, vers rythmées, « amant de seconde main (…), archiviste de l’échec (…) face lunaire de notaire à bout de droits« , il dit la solitude avec justesse, le non désir non sans distance, l’absence du monde avec une précision d’entomologiste sensible. Le beau livre testament d’un Apollinaire d’aujourd’hui…

Le singe du side-car, de Patrice Delbourg (le Castor Astral, 224 pages, 16 €).

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Publié le  18 mai 2024 par
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