Au joyeux pêcheur
« Strasbourg : l’exquis pêcheur de la Robertsau »
On lui doit Mi-To, pour Milano-Torino, une pizza ludique, place d’Austerlitz à Strasbourg, comme le Café Bâle, contemporain et tout voisin, les Douze Apôtres, bar à bière gourmand revu moderne, rue Mercière face à la cathédrale, enfin la Fuga, chic table italiene, à Truchtersheim, dans le Kochersberg. Voilà Christophe Gros devenu mine de rien mini-empereur d’un groupe bistrotier de qualité avec toujours des décors soignés et le rapport qualité-prix mis en avant dans la sphère de la capitale alsacienne, si riche en belles tables de toute sortes.
Sa dernière création? Le Joyeux Pêcheur, une taverne gourmande, à la fois régionale et populaire, dans la roulante rue de la Wantzenau, au sein du quartier de la Robertsau, qui fut riche en maraîchers jadis, et devenu depuis un quartier bourgeois et résidentiel. Tout neuf, mais l’ancienne, avec ses tables et chaises en bois, ses teintes vert d’eau, son comptoir moderne, son « biergarten » en lisant avec la brasserie la Licorne de Saverne, le lieu offre une cuisine typique et alsacienne qui ne manque ni de talent ni caractère.
Presskopf de volaille et légumes, salade de crudités ou vigneronne, autrement dit « strasbourgeoise », avec cervelas, gruyère et sa vinaigrette au Melfor, cassolette d’escargots aux champignons servie en cocotte lutée – comme la soupe aux truffes VGE, avec son velouté d’ail et persil, son feuilleté léger et croustillant – le hors d’oeuvre phare de la maison – font de belles entrées en matière.
Il y a aussi les fines et crémeuses tartes flambées dans le Kochersberg – dont Christophe Gros est originaire, le jarret de porc (ou waedele) braisé et laqué à la bière Black de la Licorne, le cordon bleu de veau au munster, le bibeleskaes (fromage blanc à l’ail et herbes) de la Ferme Saint-Ulrich, avec galettes de pommes de terre et planchette de charcuteries, comme la choucroute aux poissons, qui justifie l’enseigne de la maison, avec moules, sandre et gambas, jus de moules marinière et crème.
On achève avec le nougat glacé, le nid d’abeille – le nom régional de la tropézienne -, le vacherin glacé qu’on peut arroser d’un marc de gewurz de chez Miclo à Lapoutroie ou encore d’une « authentique » forêt noire au kirsch.On ajoute les bières de la Licorne, la Uhr Pils estampillé Karlsbrau, le muscat Katz de René Meyer à Katzenthal , le pinot noir réserve de Georges Lorentz à Bergheim. Et on sort là la tête en fête en chantant la gloire de l’Alsace gourmande!













