Hourra l’Oural d’Aragon
Voilà un de ces livres pièges et secrets dont tout le monde parle sans l’avoir jamais lu. Paru en 1934, non réédité depuis, élevé à la gloire de la Russie des Soviets et du camarade Staline, après Lénine et consorts, par Aragon, communiste alors de fraîche date, en rupture de ban avec le mouvement surréaliste et son ami Breton, qui parcourt l’URSS en touriste ébloui. Il y a là des éclairs à la Apollinaire, celui de « Zone », de la « Prose du Transsibérien » à la Cendrars avec aussi le côté élégiaque des « Pâques à New York », ce que souligne Dan Franck dans sa judicieuse préface qui replace ce curieux ouvrage d’art dans son époque. C’est à la fois drôle (au second degré), lyrique, édifiant, chatoyant, habile, bref, très aragonien. Une pièce maîtresse pour mieux comprendre le « fou d’Elsa », l’auteur de « la Semaine Sainte » et du « Mentir Vrai », son vrai charme, son talent, son pouvoir de séduction et ses contradictions, lui dont on fête les 40 ans de sa disparition.
Hourra l’Oural, d’Aragon (Denoël, 156 pages, 16€).








