Génération Hussards de Marc Dambre
avaient en commun d’être rebelles au mouvement dominant de leur époque. Ni existentialistes comme Sartre, ni humanistes comme Camus, irrévérencieux, puisant leurs références à la droite extrême, qualifiés de « fascistes » par leur futur ami Bernard Frank, qui leur consacra un article faisant date dans « les Temps Modernes » (« Grognards et hussards« ), rejoints par Déon l’insulaire, ils formeront une comète scintillante qui rayonne encore aujourd’hui, à droite comme à gauche. Marc Dambre, spécialiste de Nimier (« hussard du demi-siècle »), a tout lu sur la question, ne négligeant aucune oeuvre, ni aucune référence. Les aînés (Fraigneau, Chardonne, Morand), les disciples (Neuhoff, Besson, Rouart), les amis des lisières (Vailland, Astruc, Hecquet, Haedens) sont tous présents au garde-à-vous. On peut lire cette somme d’une traite, la reprendre bout par bout à loisir. Se rendre compte de l’étendue des facettes de Laurent, le plus bûcheur, le plus opiniâtre, tour à tour polémiste (« Paul et Jean-Paul », « Mauriac sous de Gaulle », qui lui valut condamnation pour offense au chef de l’Etat!), feuilletoniste à succès (les « Caroline Chérie »), journaliste (« la Parisienne »), flirtant même avec le nouveau roman (son Goncourt pour « les Bêtises », puis « les Sous-Ensembles flous »), regretter le prolifique Nimier mort trop jeune (publiant trois romans pour la seule année 1950) ou la dissipation du génie Blondin dans l’alcool. Voilà, en tout, un livre drôle, vif, plaisant, touffu, prenant, souvent ébouriffant, sur une pléiade d’écrivains qui plaçaient le plaisir, le leur, le nôtre, avant toute chose.
Génération Hussards, histoire d’une rébellion en littérature de Marc Dambre (Perrin, 426 pages, 24 €).






