Au Vieux Comptoir
« Paris 1er : Anne et son Vieux Comptoir »
Quoi de neuf au Vieux Comptoir ? Exit Cyril B., avec sa figure bougonne. La maison est devenue celle, pleinement, d’Anne Bourlois, qui travailla jadis au Ritz et présente là depuis vingt cinq ans, avec son bagout, son savoir-faire, son enthousiasme, qui vous fait dévorer la terre entière et boire toute sa grande carte des vins. Les plats du jour à l’ardoise (comme le gaspacho – à l’andalouse – on aime bien ici l’Espagne – comme la bavette) sont sympathiques. Ils relayent une carte un peu figée sur ses bons principes avec ses oeufs mayo (un peu trop cuits!) en deux versions (on aime bien celle à l’ail des ours, mais celle, aux oignons rouges n’est pas mal non plus), son onglet et son rognon de veau servi entier avec sa moutarde à l’ancienne.
Le saucisson sec aux truffes de l’ami Franco Gulli se grignote à l’aise. Le pâté en croûte Richelieu proposé sur sa planche (avec cochon, foie gras volaille, canard et ses pickles) est un peu sec, mais la saucisse maison mêlant cheddar au cochon, relevée de piment d’Espelette fait son petit effet, avec sa purée de pomme de terre et son nid de sauce (un jus de viande réduit). Là dessus, le sancerre blanc « grande réserve » d’Henri Bourgeois au domaine des Monts Damnés « sauvignonne » bien et joue son rôle d’escorte aimable en fraîcheur.
Parmi les pépites de la vallée du Rhône, on louangera la Serine de Clusel-Roch, très syrah, donc très violette. Elle évite à la note de monter trop haut, d’autant que tous les plats ou presque sont à plus de trente euros (35 € le rognon!). Un bon point pour les serviettes en tissu, la terrasse d’été face au métro Saint-Opportune qui permet d’oublier la salle bruyante aux tables serrées. Même si le comptoir en bois est un monument.
Un bon point encore aux jolis desserts : moelleux baba au rhum Diplomatico et rafraîchissante nage de rhubarbe et fraises bien dans la saison. Voilà un Vieux Comptoir qui passera bien l’été.













