Miglia
« Paris 8e : l’Italie heureuse de Miglia »
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Il est le petit prince méconnu de la brasserie parisienne, cumulant les adresses bourgeoises les plus variées, entre 16e et 8e. On l’a connu jadis à la Gauloise avenue de la Motte Picquet, puis au Coq du Trocadéro. Présent également juste en face de ce dernier, chez Mokus l’Ecureuil et, bien sûr, à la Rotonde de la Muette qui représente son institution sage et bienveillante, longtemps veillée par sa mère, à côté de laquelle il possède également l’italien Dino, Eddy Bénézet a racheté le PVH au géant du genre Olivier Bertrand.
On en oublie, sans doute, au passage. Héritier actif devenu potentat de son registre, Eddy Bénézet qui ne fait pas les choses à moitié a repris le classique Del Papa pour en faire une trattoria en vogue en en bouleversant tout, le décor d’abord revu non sans chic par le cabinet madrilène Hurlé et Martin, mais aussi la cuisine. Ce n’est pas les pizzas (honnêtes, quoique sans plus) qui passionnent, mais cette idée de l’Italie heureuse, menée de concert par le calabrais Rocco Barbati et le briscard français Yoan Chave, formé jadis chez Rostang et Vigato, qui fût chef à l’Azalée, devenu depuis le spécialiste des ouvertures à l’italienne.
Le gars Eddy a vu ce que faisaient les autres ailleurs et tâche de faire aussi bien sinon mieux. Ainsi, le très frais et délicieux carpaccio de bar, avec straciatella et citron noir, picotée de framboises insolites mais exquises, malicieux poireaux à la flamme avec leur straciatella fumée et condiment moutarde, calamars frits sauce tartare ou encore pousses d’épinard avec pecorino, noisettes et vinaigrette citronnée font des « primi » de qualité.
Il y aussi ces pâtes bien vues et bien cuites, comme les pappardelle al ragu de bœuf longuement mijoté, oignons, carottes et céleri rôti et ces parfaits spaghetti (Rummo) alla carbonara, avec guanciale et pecorino, modèles du genre (et tarifés sagement 19 €). Et puis encore cet osso bucco à la milanaise, mitonné fondant avec un jarret de veau des Boucheries Nivernaises, flanqué, comme c’est l’usage en Lombardie, d’un risotto « giallo » au safran.
On boit là dessus le riant chianti classico Castello d’Albola 2023 ou le riche morellino di Scansano Ribei 2022. On achève avec le classique et suave tiramisu, la panna cotta avec noisettes torréfiées et caramel au beurre salé ou encore la grosse profiterole à l’italienne avec gelato di straciatella. Une exquise surprise !













