Cassis Restaurant
« Tel Aviv : la plage du bout du monde »
Ayelet Perry ? Une vraie cheffe à l’ancienne, qui manage son équipe avec amour, parle de ses produits avec ferveur, vante ses poissons sauvages et se souvient avec émotion de ses années en Californie, avec Hubert Keller (La Fleur de Ly à San Francisco), Wolfgang Puck (Spago à LA) sans omettre son prof’ de cuisine Pascal Janvier. Elle fut pâtissière et chocolatière dans une vie antérieure, doit à un mari, scientifique, né en Arizona son patronyme américain. Depuis treize ans, elle est revenue en Israël et a fait de Cassis, sa table marine sise sur la dernière plage au sud de Tel Aviv, côté Jaffa, juste avant Bat Yam, une sorte d’ilot de gourmandise, pratiquant le légume bio, le poisson de la pêche côtière, traités en ceviche, carpaccio, poêlé, à la plancha, avec de joli condiments et des accompagnements pimentés juste comme il faut, sans omettre des gourmandises régressives qui vous font retomber en enfance.
Sa belle terrasse avec vue sur l’eau a des airs de porte du paradis. La cuisine est ouverte visible derrière le bar, manière de dire qu’Ayelet n’a rien à cacher. Que le service quasi non stop et tous les jours de la semaine prend vite des airs complices. Les tarifs sont sages, eût égard à la qualité servie et le prix des vins est souvent la moitié de ce qui est demandé dans les tables du même niveau au centre de Tel Aviv.
Des exemples de ce qui se propose là ? Le ceviche de poisson, qui peut être une sériole ou une daurade, avec roquette, coriandre, menthe, oignon, concombre, piment, labné, tomates, amandes, le carpaccio avec sauce tomate épicée au poivre, oignon rouge, yaourt et concombre, le fritto misto de crevettes, calamars, oignons, poivre, aïoli avec sa sauce tartare, le loup de mer (dit « branzino » comme en Italie), avec sa vinaigrette à la tomate, oignons verts, coleslaw et frites, la daurade au chipotle comme le bar avec chou en purée et condiment ne manquent pas de caractère.
Pour les récalcitrants au poisson, il y a l’excellent poulet rôti avec oignons, carottes, ignames, origan, citron et sirop de dattes. Et pour les becs sucrés, fudge au chocolat, avec crème fouettée et noix de pécan caramélisées, pavlova au citron, crème fouettée et crème de citron et eau de rose ou encore « sundae » avec glace vanille, sirop de chocolat, caramel, cacahuètes, crème fouettée ne manquent pas d’arguments régressifs. On boit là dessus l’exquis chardonnay Katzrin de Yarden 2020 produit au pied du Golan, sans omettre de sacrifier au joli « Strawberry Field » (gin, fraise, concombre, pomme). Et pour les rétifs à l’alcool, la lemonada se boit à la régalade. Vive Cassis!












