Mane : les malices de Louis Gachet au Pamparigouste
RDV au Couvent des Minimes où notre complice gourmand, Fadi Joseph Abou, découvre le bonne pioche bistronomique des lieux. Suivons-le !
A Mane, au cœur de la Haute-Provence, le couvent des Minimes, ancien couvent devenu superbe Relais & Châteaux et propriété de L’Occitane, cultive avec bonheur le mariage de la pierre ancienne et d’une élégance contemporaine. Au milieu des paysages de Provence, entre collines, lavandes et senteurs du Sud, l’hôtel joue la carte du refuge chic et apaisé, avec son spa réputé et ses espaces largement ouverts sur la lumière. La maison a misé sur une recrue de choix aux fourneaux en la personne de Louis Gachet, MOF 2022 et lauréat du prix Taittinger 2020, qui s’il a toujours la Bourgogne chevillée au corps a aussi désormais la Provence au bout des doigts.
C’est dans ce cadre enchanteur que l’on découvre le Pamparigouste. La salle, boisée, claire et lumineuse, possède cette chaleur sans apprêt avec une lumière provençale qui convient parfaitement à un déjeuner d’été. En parallèle de la table gastronomique (le Feuillée) Louis Gachet, passé par la Ferme du Chozal dans le Beaufortain, les Troisgros à Roanne, le Relais Bernard Loiseau à Saulieu, puis la Table du Connétable à Chantilly auprès d’Arnaud Faye, qu’il suivra ensuite à la Chèvre d’Or à Èze, signe ici une cuisine bistronomique enlevée. Il reprend les codes de la cuisine classique, mais les fait respirer au grand air provençal. La tomate, les légumes du Sud, les condiments, les herbes et l’acidité deviennent les compagnons d’une cuisine dont la technique reste toujours au service du goût.
Tout commence avec une déclinaison de tomates confites, fraîche et solaire, escortée d’une stracciatella crémeuse et d’une tarte au parmesan. Tout est là : le produit, sa fraîcheur, le contraste des textures et cette Provence qui s’invite dans l’assiette sans avoir besoin de hausser le ton. Autre entrée, autre registre avec l’œuf en meurette – bon sang bourguignon ne saurait mentir – qui n’a pas besoin de grand discours : une recette familière, exécutée avec précision, qui rappelle que les plats les plus simples deviennent souvent les meilleurs lorsqu’ils sont respectés.
Puis les assiettes se font plus métissées et voyageuses. L’épaule d’agneau confite, fondante à souhait, se marie aux aubergines, tandis qu’un yaourt à la menthe apporte la fraîcheur attendue avec une pointe de harissa en contrepoint. Les saveurs méditerranéennes dialoguent sans jamais masquer le produit. Même sentiment avec le poisson de ligne mariné à cru, associé à un risotto travaillé à l’eau de tomate. Geste précis, composition délicate.
Et villez à garder de la place pour les douceurs, chasse gardée de Gwenaël Girard, orfèvre sucré maison passé par le Lutetia et Shangri-La à Paris, en Polynésie au Conrad Bora Bora mais aussi au Cheval Blanc à Courchevel et à Londres pour l’ouverture du Four Seasons. Il mise ici sur des douceurs et classiques de bistrot exécutés avec le savoir-faire et la précision d’une grande maison. Ainsi cette omelette norvégienne qui abandonne toute lourdeur pour jouer la carte estivale avec framboise, citron et verveine ou le superbe millefeuille à la vanille qui associe craquant du feuilletage, onctuosité de la crème et quelques accents délicats d’orange confite. Une table bistronomique où Louis Gachet démontre brillamment qu’un MOF peut aussi savoir faire simple, ce qui est parfois plus difficile que de faire compliqué !
Pamparigouste au Couvent des Minimes
Chemin des jeux de Maï
04300 Mane
Tel. : 04 92 74 77 77
Carte : 75-90€
Horaires : 12h15-13h30, 19h15-21h15
Fermeture hebdo. : Ouvert tous les jours
Site internet : www.couventdesminimes-hotelspa.com













