La vie, impair et passe : le roman fou de Guenassia

Article du 19 août 2026

Depuis son éclatant Club des Incorrigibles Optimistes, couronné par le prix Goncourt des Lycéens en 2009, Jean-Michel Guenassia n’a jamais cessé de creuser le sillon du grand roman populaire, généreux et foisonnant. Avec La vie, impair et passe (Albin Michel), il pousse encore plus loin son goût du romanesque et signe un incroyable roman à tiroirs.

Tout commence avec Dany, enfant de forains abandonné par les siens à la suite d’un invraisemblable quiproquo. Le hasard le conduit jusqu’à Sète où il croise Hector et Lucy, patrons d’une pizzeria. Hector est à la fois braqueur dépressif et fou d’opéra, personnage aussi improbable qu’attachant. Lucy, elle, aime trop son homme et pas assez ses filles. Autour d’eux gravite une galerie de personnages que l’on voit grandir, trébucher, disparaître ou renaître.

Il y a Carole, la fille de Dany et Lucy, qui chantait « comme un garçon » et semblait promise à une immense carrière avant que le destin ne s’en mêle. Il y a Léna, fille d’Hector et Lucy mais élevée par Dany, éternelle gaffeuse qui devient croupière dans un casino avant de tomber amoureuse d’un ex-footballeur vedette devenu talent scout. Tous vivent des aventures extravagantes qui pourraient sembler invraisemblables si Guenassia n’avait pas ce talent rare pour les rendre profondément humaines.

On passe des fêtes foraines aux salles de concert, des braquages aux casinos, des studios d’enregistrements à la prison de Fleury-Mérogis, de Sète aux chemins de traverse, sans oublier Poligny et le couvent des Clarisses, dans un tourbillon de vies cabossées où les secrets de famille, les malentendus et les coïncidences composent une irrésistible mécanique romanesque.

Le récit vous essouffle, vous épuise parfois tant les rebondissements s’enchaînent, mais il ne vous lâche jamais. On tourne les pages avec gourmandise, emporté par une imagination sans frein et un sens du récit qui rappellent les grands feuilletonistes. Quelle imagination, décidément, que celle de ce drôle de zigue de Guenassia !

La vie, impair et passe, de  Jean-Michel Guenassia (Albin Michel, 378 pages, 22,90 €).

A propos de cet article

Publié le  19 août 2026 par

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !