Le Bouchon du Ferret
« Cap-Ferret : le bouchon a petite mine »
On l’a tant aimé ce Bouchon du Ferret, qu’on est bien navré de devoir le criticailler, même un tant soit peu. Jonathan Gomez, qui dirigeait l’Escale sur la Jetée et David Lafforgue sont à la barre. La maison appartient à Jean-François Tastet, tycoon de la brasserie girondine qui possède une douzaine d’établissement autour du Bassin, dont ce bouchon, jadis créé par le mareyeur/ostériculteur Damien Boulan (qui possède une cabane à huîtres juste en face) et Nicolas Lascombe (présent à Bordeaux, St Emilion et à l’Herbe à l’hôtel de la Plage).
Le lieu a gardé son cadre d’ancienne poissonnerie devenue brasserie marine et continue de promouvoir le bon produit frais du jour, confiant les fourneaux à Sébastien Sevellec, qu’on connut jadis en chef deux étoiles, succédant à Christophe Bacquié à la Villa à Calvi, puis en défenseur des saveurs corses dans une belle tables girondine. On se dit que si, malgré le monde et l’affluence, la qualité des produits est là, imparable, en revanche la présentation des assiettes pourrait être plus aisément plus soignée.
L’ardoise du jour reflète les bonnes idées du moment. Reste que celles-ci ne vont guère loin. Soupe de poissons épaisse avec sa rouille, son emmental râpé et ses croûtons, rillettes de thon, jambon ibérique et pan con tomate, tartare de thon façon thaï avec gingembre, sésame et chips de riz, tagliata de bœuf aux câpres ou sole grillée, un brin racornie, accompagnée d’une écrasée de pommes de terre ne font pas rêver.
Le robuste rosé de Tariquet et le plus fin côtes de Provence du château de Demoiselles se boivent sans sourciller. Et, in fine, au sein des gentils desserts du moment, eux aussi, d’allure un peu grossière, la brave gaufre et la tarte fraise et rhubarbe ne s’en sortent pas trop mal. Addition en roue libre.













