Aux Crus de Bourgogne
« Paris 2e : retour aux Crus de Bourgogne »
Ce bistrot à l’ancienne, rénové, nettoyé, remis à jour dans son jus par les frères Dumant vous le connaissez par coeur. La maison, ouvre tous les jours, se distingue des autres maisons du groupe par sa grande carte de Bourgogne et de prix, joue la tradition parisienne, sans négliger les classiques d’entre Beaune et Dijon. On aime ici les banquettes de moleskine sombres, les patères de cuivre, les jolis luminaires Art déco, les vieux menus (du Bistrot 121, de l’Ecu de France à Chennevières) encadrés, la belle terrasse, le grand comptoir qui ont le charme de la nostalgie de toujours.
Certes, l’accueil est en baisse. Le jeune service fait ses gammes, a parfois du mal à suivre le mouvement (il lui manque, à l’évidence, un majordome stylé comme Fred Prudhomme, qui anime le Paris Seize, appartenant au même groupe, rue des Belle Feuilles, avec maestria), mais l’atmosphère est bonhomme et le menu du jour à 28 € est une affaire, proposant par exemple, un amusant et savoureux œuf mayo qui a viré au rose avec l’adjonction de betteraves dans la mayo, puis la bavette à l’échalote avec ses frites maison ou le sauté de veau du moment.
Certes, le pâté en croûte est un brin sec et la gelée absente, même si la pâte au beurre n’est pas mal. Mais on se rattrape avec les œufs en meurette de bonne facture, le délicieux veau sauté et moelleux façon Marengo (tiré du menu de midi) avec sa sauce tomate et olives – l’un des meilleurs moments du repas, belle réussite sur le mode ménager -, le poulet à la crème et morilles (un peu sec lui aussi, mais avec sa jolie sauce), enfin le pithiviers de gibier et la brave purée de pommes de terre maison.
Les desserts d’enfance sont eux à fondre (mousse au chocolat dense et bien amère, exquise omelette norvégienne flambée au Grand Marnier, baba au rhum XXL avec sirop de rhum arrangé à volonté). Et côté vins, si les prix ont nettement grimpé, on se fait plaisir avec le solide morgon les Grands Cras de Laurent Gauthier et le flatteur rully blanc au verre du domaine saint Jacques. Vive la Bourgogne gourmande !












