Royal Champagne
« Champillon-Epernay : luxe sur vignes »
On vous a tout dit sur la nouvelle version de cet ancien relais de poste à l’ancienne, sur une route panoramique, l’ex N51 (devenue D951) au hameau dit joliment Bellevue face au village de Champillon, surplombant les vignes de champagne et la vallée de Marne, sans omettre, à main droite, le beau bourg pittoresque d’Hautvillers, là où Dom Perignon, prieur de l’abbaye locale, inventa la « méthode champenoise«. Ce vaste palace moderne, façon bloc de pierre rectangulaire, a le chic contemporain, avec ses beaux salons d’accueil, sa cheminée centrale, ses couleurs douces, ses chambres lumineuses tournées vers la vallée et les vignes, plus sa grande piscine double, intérieure avec ses baies vitrées, extérieure face aux vagues vigneronnes, plus sa terrasse offrant un panorama immense.
Un couple d’Américains francophiles, propriétaires notamment du domaine Leclerc-Briant et de l’hôtel St-Barth à Saint-Barthélémy, Denise Dupré, doyenne de l’université d’Harvard (elle y dirige la chaire hôtellerie-restauration), et son mari Mark Nunnelly, financier international, ont acquis le domaine, qui appartint jadis au groupe LVMH par l’intermédiaire de sa filiale Mercier, puis aux Polito du groupe Baglioni. Ce fut un relais du XVIIe siècle, sur la route de Reims, dédié au régiment Royal Champagne, d’où son nom, où séjourna Napoléon. C’est devenu, par un coup de baguette magique, mais après d’intenses travaux, une haute construction de pierre blonde, vaste, géante, imposante, avec ses salons, sa cave, ses salles de restaurants, ses chambres au luxe standardisé à l’américaine avec leurs balcons ouverts sur la vallée de la Marne.
La grande table maison (dit « le Royal ») est décorée avec les portraits des femmes qu’aimait l’empereur, ses assiettes ornées de lettres rédigées par Napoléon à ses grandes amoureuses, de Joséphine de Beauharnais à Marie Walewska. La salle à manger panoramique qui abrite la brasserie (« le Bellevue »), avec son prolongement en terrasse et son bar, qui se transforme le matin en salle de petit déjeuner, avec ses fresques et ses luminaires contemporains en forme de bulles champenoises, est due à l’architecte d’intérieur Sybille de Margerie. Elle donne sur le dehors, laisse entrer la lumière, qui est ici chez elle, douce, naturelle.
Il y a le spa de 1500 mètres, les soins de beauté, de visage, avec les produits cosmétiques bios, les massages en douceur, bref un lieu idéal pour déconnecter et oublier que Paris n’est qu’à 40 mn par la gare Champagne-Ardennes, sise à Bezanne, à moins de 20 mn ou celle de Reims-centre un peu plus loin. C’est, certes un OVNI en Champagne, un lieu à part, où le luxe se fait sobre où le jeune service fait encore ses gammes. Son « plus »: cette gourmandise double créative et traditionnelle orchestrée par le MOF 2011 Christophe Raoux, un maestro de son registre et dont on évoquera les deux tables par ailleurs. Et c’est aussi un point de chute de haute volée pour s’en aller visiter la Champagne vineuse et déguster ses grandes cuvées si variées.














