L’île de Ré selon Valérie Solvit

Article du 20 juillet 2026

Ce « Petit éloge de l’île de Ré » signé Valérie Solvit nous parle autant de l’île que de celle qui l’écrit. Et c’est sans doute ce qui le rend attachant. Car Valérie Solvit ne se contente pas de célébrer Ré, ses villages blancs, ses marais, ses plages, ses églises et ses vents : elle s’y raconte. Elle dit son père Valère, amoureux des bateaux, de la mer et du grand vent, celui qui l’a enracinée dans cette île qui lui est chère, son mari Antoine, qui la relaye si bien en cuisine, les souvenirs d’enfance, les repas, la voile, le vélo, la vie, et cette fameuse pomme de terre qu’elle vénère avec une ferveur presque théologique. Il y a aussi le poulet du dimanche, ce grand rassembleur familial –  elle rappelle à propos que l’anagramme de son nom est « volatile servi ». Tout est dit dans cette manière de rassembler les plus exquises nourritures et les amis chers autour d’une grande table. Et puis les églises de l’île, dont le clocher d’Ars, dressé dans le ciel comme un crayon sublime, lui est particulièrement cher. Un clocher que l’on reconnaît de loin, comme une signature.

Ce Petit éloge est son premier « vrai livre », après Louchebem et Philocalie, où elle avait réuni les textes de ses amis sur la viande et la beauté. Ici, elle avance seule, mais jamais solitaire. Elle convoque ses souvenirs, ses paysages, ses passions, les artistes et les auteurs qui l’accompagnent. Valéry, Brassens, Mauriac, que lui fit lire Pierre Wiazemsky, son petit-fils, Jean-Claude Casadesus ou Philippe Sollers, Willy Holt ou Ben : les citations, les anecdotes et les clins d’œil composent ici une bibliothèque intime, qui vient se mêler aux embruns et aux souvenirs. On y parle donc de l’île de Ré, mais aussi de ce que l’on reçoit, de ce que l’on transmet, de ce qui nous attache à un lieu et finit par nous constituer. Voilà un livre de souvenirs et de fidélités, de pommes de terre, de fleur de sel et de grands horizons, de littérature et de cuisine. Un livre qui a le goût du sel, de l’enfance et des dimanches en famille. Et qui donne, forcément, envie de retourner à Ré — même quand on en revient.

Petit éloge de l’île de Ré, de Valérie Solvit (Editions Les Pérégrines, 178 pages, 14€)

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Publié le  20 juillet 2026 par

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