Paris 7e : les Boudon font refleurir le Basilic
Après la Fontaine de Mars, le Café de l’Alma et le Petit Lutétia, Christiane et Jacques Boudon ajoutent une nouvelle perle à leur collection de belles maisons parisiennes. Ces aubergistes nés qu’on suit depuis trois décennies (Christiane fut notre hôtesse de l’année au Pudlo Paris 1994 !) redonnent vie au Basilic, face à la basilique (vous pigez le jeu de mots?) Sainte-Clotilde, chef d’oeuvre discret du néo-gothique au coeur du très raffiné Faubourg Saint-Germain et non loin des institutions ministérielles, avec ce mélange de tradition, d’élégance et de convivialité qui fait leur signature.
Le lieu retrouve un éclat superbe sur le mode du paquebot Art déco. Les boiseries, les luminaires des années 30, les banquettes de velours vert, les mosaïques au sol, la véranda lumineuse et la vaste terrasse au pied d’un square quasi champêtre composent un cadre de charme où tout le VIIe semble déjà avoir pris ses habitudes. La maison cultive l’esprit de la vraie brasserie parisienne, chic sans ostentation, accueillante à toute heure.
En cuisine, les classiques sont revisités avec justesse par un chef qui a notamment oeuvré chez les Costes et quelques grands. Sa terrine de foies de volaille est délicieuse autant que généreuse, la salade romaine à l’anchoïade joue la fraîcheur, l’œuf mayonnaise relevé de livèche et accompagné d’un céleri rémoulade fait une belle idée (attention tout de même à la surcuisson de l’oeuf!). Le saumon au Noilly-Prat se montre délicatement nappé, avec des airs de saumon à l’oseille de chez Troisgros, tandis que le gigot d’agneau, qu’on aimerait découpé en salle et qui frise la surcuisson, constitue l’un des beaux moments de la maison.
Les desserts, sous la gouverne d’un ex pâtissier du Véfour époque Guy Martin, représentent une des parties fortes de la demeure. Ils tiennent leur rang avec une gourmande tarte au chocolat et sarrasin soufflé plus crème vanill ou un impeccable nougat glacé maison escorté de son coulis d’abricot, fort peu sucré au demeurant. Dans les verres, le château de Selle du domaine Ott, en côtes de Provence, apporte sa finesse et sa fraîcheur estivale pour accompagner cette cuisine de tradition parfaitement remise au goût du jour.
Bref, voilà une adresse qui retrouve son âme grâce aux Boudon et confirme que ces Parigots aux racines auvergnates, aveyronnaises et hautes pyrénéennes savent mieux que personne faire revivre les belles institutions de Paris la grand ville.
Le Basilic
2, rue Casimir-Périer, Paris 7e
Tél. : 01 44 18 94 64
Prix : 55-75 €
Fermeture hebdo; : dim., lundi.
Métro : Solférino, Assemblée Nationale, Varenne.
Site : www.restaurant-le-basilic.fr













