Paris 17e : le nouveau p’tit bonheur de la place Pereire

Article du 22 juillet 2026

En terrasse © GP

C’est la dernière née du groupe Eclore et déjà une adresse qui fait parler d’elle. Sur la place du Maréchal-Juin (ex Péreire, dont Roger Nimier estimait jadis qu’elle « était le centre du monde« ), Stéphane Manigold signe un bistrot-brasserie chaleureux où l’on vient autant pour l’ambiance que pour une cuisine sans manières. La belle verrière illumine la salle sur l’arrière, les affiches anciennes font des clins d’oeil au Paris d’avant, la cuisine ouverte anime le décor, tandis que les équipes donnent le ton avec une gentillesse qui ne se fabrique pas.

Pauline Nicolas © GP

La meilleure trouvaille est ailleurs : avoir confié les fourneaux à Pauline Nicolas. On l’avait découverte avec bonheur chez Phébé, juste en face. On la retrouve ici avec une cuisine qui ne cherche ni à épater la galerie ni à collectionner les effets de manche. Elle cuisine juste, avec de la gourmandise, du relief et cette simplicité qui réclame plus de métier qu’on ne le croit. En salle, Julien Dubois, passé par le Grand Véfour puis chez Michel Rostang, veille au grain avec le sourire aux lèvres et une élégance tranquille.

Terrine de pintade © GP

Le gars Stéphane, natif de Mulhouse, n’oublie pas d’où il vient et s’amuse à parsemer la maison de clins d’œil à son Alsace natale. Bretzels maison encore tièdes, bière Licorne made in Saverne, pinot blanc servi dans les fameux verres au pied vert, assiettes en faïence de Sarreguemines, notamment celles de la série Obernai dessinée par Henri Loux, sans oublier les spaetzle qui remplacent avantageusement les accompagnements convenus. Ici, le folklore ne sonne jamais faux : il fait partie du décor autant que de l’assiette.

Salade de moules et calamars © GP

La terrine de pintade aux abricots, pignons et pistaches concassées se montre généreuse et parfumée. La salade de moules et calamars frits façon César, réveillée par un aïoli bien senti, évite l’écueil du gadget. Le gaspacho de concombre au tzatzíki apporte la fraîcheur nécessaire avant une belle côte de bœuf Noire de Baltique  – choisie parmi les magnifiques pièces de viandes maturées, présentées dans leur armoire réfrigérée -, servie à partager avec frites impeccables, salade, gratin dauphinois et spaetzle. Les desserts gardent le cap avec des cerises jubilé à la glace vanille ou de jolies fraises au mascarpone et basilic.

Côte de boeuf et ses accompagnements © GP

On boit en entrée un riant pinot blanc « Terres de Grès » 2023 de Robert Roth à Soultz avant de poursuivre avec un santenay 2023 d’Émile Chandenis à Fontaines, tous deux choisis avec à-propos. Voilà une maison qui ne révolutionne rien. Et c’est précisément ce qui fait son charme. Elle rappelle simplement qu’un bistrot vivant, bien tenu, bien cuisiné et servi avec le sourire demeure l’une des plus belles inventions parisiennes.

Les desserts © GP

Paris Bonheur

7 place du Maréchal-Juin
Paris 17e
Tél. : 01 42 27 11 45
Menu : 29,50 (déj.). Carte : 55-75 €.
Fermeture hebdo. : dim. lundi.
Métro : Péreire.
Site : www.bonheur.paris

 

A propos de cet article

Publié le  22 juillet 2026 par

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !