Chez Georges
« Paris 2e : le bonheur d’un retour chez Georges »
Le bonheur d’un retour à Paris du côté de la rue du Mail : un déjeuner chez Georges, institution gourmande en lisière de la place des Victoires. Ce lieu magique, qui eut jadis son étoile (eh oui) dans les années 1970, avec un registre carrément bistrot et strictement identique à ce qui est servi aujourd’hui, – signe que les temps changent – poursuit sa belle histoire sous la houlette élégante de Jean-Gabriel Debueil. Banquettes rouges, nappes blanches, miroirs patinés, vaste comptoir d’entrée, grande fresque ressuscitant l’ancien jeu du mail : le décor n’a pas bougé et la cuisine suit le même bon sens de la tradition maintenue.
Ici, le Paris canaille et gourmand vit encore, et vibre toujours, avec un répertoire bourgeois qui joue sa partition sans fausse note. La rosette de Lyon ouvre le bal, suivie de rillettes d’oie savoureuses, d’un jambon persillé fringant, d’un céleri rémoulade bien relevé, d’une salade de lentilles comme à la maison. Des entrées franches, nettes, sincères, qui donnent le ton.
Puis viennent les plats de résistance : le pavé du Mail escorté de ses frites dorées, hommage carnassier à la tradition maison, et le foie de veau à l’anglaise, rosé à cœur, tendre, magistral. Tandis que les voisins se régalent de côtes d’agneau bien rosée, d’onglet à l’échalote ou d’une sole au beurre blanc. On est ici dans la vérité du produit, le respect des cuissons, la générosité sans esbroufe avec la carte rédigée à l’encre violette; pile comme avant.
Les douceurs ne sont pas en reste : millefeuille à la vanille tout en feuilletage craquant et crème onctueuse, profiteroles au chocolat nappées comme il se doit de sa belle sauce au chocolat chaud, tarte Tatin tiède et sa crème crue épaisse. Des desserts à l’ancienne, rassurants et impeccablement exécutés.
Côté cave, le mâcon blanc du domaine de la Roche Vineuse joue la fraîcheur minérale, le quincy du domaine Lecomte apporte sa vivacité ligérienne, tandis que le côte de Brouilly du château Thivin, cuvée Zacharie de Claude Geoffray, offre un fruit croquant et une rare profondeur qui en fait une Rolls du genre beaujolais à la fois ample et fruité.
Bref , un repas ici même est comme une garantie de bonheur simple, d’amitié et de gourmandise. Paris comme on l’aime, intemporel et fidèle. Chez Georges, plus qu’un repas : un art de vivre.















