Paris 16e : le train de vie du Récepteur
On n’y était pas retourné depuis quatre ans. Mais il demeure égal à lui même, ce Récepteur , bistrot de quartier un brin modernisé, sis derrière le conservatoire de musique du 16e et face au marché de la rue Gros, où il joue le rôle de bonne affaire relax d’un quartier chic qui aime s’encanailler. Savoureux, sympathique et décontracté, avec sa grande terrasse qui permet de se sentir en vacances toute l’année.
Nous sommes à l’orée d’Auteuil à deux pas de la Maison de la Radio, dont il constitue une cantine de charme. Le double zinc a bonne mine, la cuisine à l’ardoise renouvelée par un chef grec Eleftherios Soulos, passé par l’hôtel de Grande-Bretagne à Athènes, qui ne ne manque pas d’idées (il en a même parfois trop!), épouse l’air du temps et joue une note personnelle un peu « barrée » qui n’est pas sans déplaire. Le patron Sébastien Loyer accueille avec une bonne humeur communicative et le personnel fait gentiment face au succès.
Certes, les prix ont fait un net bond en avant, collant, eux aussi, à l’air du temps. Aux classiques maison (soupe à l’oignon, oeufs mayo revisités, tartare asiatique, burger et bavette sur planche avec des frites maison) s’ajoutent les idées souvent colorées et fraîches du moment. Gambas à la plancha, avec purée de céleri rave, brocolis, pickles de poireaux, croûtons aux céréales, oeufs de cabillaud fumé ou accras de maquereaux fumés et yaourt grec au citron, plus piment d’Espelette sont souvent complexes, frisant le trop plein, mais retombant sur leurs « pieds ».
Côté plats de résistance, l’églefin aux pois cassés avec sa mousse de « dentella » (tomme de brebis aveyronnaise), pommes de terre sautées et céleri-rave mariné, les saint-jacques avec flocons d’avoine, coulis de butternut, chou fleur rôti, nori, pickles de kumquat, bacon et cacahuètes séduisent, malgré les excès d’ingrédients qui les composent. On aime aussi la cuisse de pintade désossée au curry, avec lentilles vertes, céleri rave et poivrons rouges rôtis, qu’un espuma de riz et de pickles de raisin viennent « picoter » sur le mode aigre doux, craquant/velouté.
Mais, comme dirait l’autre, mieux avoir trop d’idées que pas assez. On se régalera, en tout cas, avec les gourmands desserts, tels le cheesecake au coulis de framboises et coriandre, biscuit spéculos et anis vert ou le crumble « tout chocolat » (en fait une ganache fondante) avec ses noisettes caramélisées. On ajoute que la maison ouvre tous les jours et accueille à toute heure le temps d’un verre.













