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Paris 5e : la gloire du Moulin à Vent

Article du 30 décembre 2025

Théophile Moles © GP

C’est un coup de coeur qui dure, une demeure exquise, que nous avons contribué à lancer, en l’élisant « bistrot de l’année » en 2023, devenue championne du monde de l’oeuf mayo et lieu tendance tout en gardant son air de rade impayable des années 1940. Théophile Moles, l’homme de salle, et son complice de cuisine, Maxime Plateau, ont su peaufiner leur style et registre. Et l’on est sûr de passer ici un moment rare, délibérément hors du temps.

Os à moelle © GP

Il est vrai que tout ici enchante : la façade avec ses inscriptions anciennes, son beau zinc d’entrée, ses banquettes de moleskine, le plafond bas, les miroirs, les tables bien nappées, les serviettes en tissu, l’ambiance cosy, qui en font un petit chez soi, mieux que chez soi. La carte des vins s’est étoffée. Le chic, le cher, le bon, l’exclusif, mais aussi le raisonnable et le riant, comme ce beaujolais les Griottes de chez Pierre-Marie Chermette qui, à 30 €, joue  la belle affaire.

Oeuf mayo © GP

Et si les prix des mets à la carte filent vers les 40 €, les beaux hors d’oeuvres sont à 10 € et le menu du déjeuner à 29 € est une grandissime affaire. Ce que vous goûterez là ? Du bon, du fin, du malin, du très bon, du canaille, superbement dressé – on sait que Maxime Plateau a travaillé chez Senderens et la magie des assiettes d’en ressent.`

Carpaccio de tête de cochon © GP

Vous nous direz du bien ainsi du subtil carpaccio de tête de cochon, tranché fin, vinaigré et moutardé, comme des pleurotes finement persillées, de l’oeuf mayo champion du monde, relevé de pickles de chou rouge, de moutarde à l’ancienne, avec sa chapelure pour le croquant, sans omettre l’exquise terrine aux foies de volaille et foie gras venue du maestro Brosset à Angers, mais aussi du délicat, eh oui, os à moelle grillé si… moelleux !

Chou farci © GP

On pourrait gloser encore sur le ris de veau sauté au beurre, le joli tartare de bœuf fort bien assaisonné, les pommes sautées craquantes, l’onctueuse purée de pommes de terre, le délicieux chou farci, le tendre châteaubriant sauce poivre, et, in fine, la merveilleuse île flottante aux pralines roses avec sa crème anglaise si vanillée ou encore la généreuse profiterole XXL au chocolat noir.

Ris de veau © GP

Il y a encore des liquides de choix, comme ce beaujolais blanc de Jean-Francois Pegaz qui ouvre l’appétit, le moulin à vent «la  Rochelle » de Pierre-Marie Chermette, le pinot noir d’Alsace « cuvée Lydie » de la famille Backert à Dorlisheim, le saint-joseph d’Alain Graillot et, in fine, le ratafia de champagne Solera 90-19 d’Henri Giraud, le vertueux artisan de la légendaire cuvée Argonne qui se révèle ici dans le digestif de haut vol. Au Moulin à Vent ? Un grand cru du bistrot qui vieillit mieux que bien !

Profiterole © GP

Au Moulin à Vent

20 rue des Fossés Saint Bernard
Paris 5e
Tél. 01 43 54 99 37
Menus : 24 (formule, dej sem.), 29 ( dej, formule) €
Carte : 55-75 €
Horaires : 12h-14h, 19h30-23h
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Cardinal-Lemoine, Jussieu
Site: www.au-moulinavent.com

A propos de cet article

Publié le  30 décembre 2025 par

Paris 5e : la gloire du Moulin à Vent” : 1 avis

  • Archie

    Je ne suis pas quelqu’un pour qui l’argent compte, et j’aime beaucoup le Moulin à Vent. Cela dit, quand on en arrive à devoir payer 60€ par tête pour de bons plats de brasserie portionnés à l’économie, c’est que le système a échoué quelque part.

    Ce n’est évidemment pas de la faute des restaurateurs, qui cherchent simplement à payer leurs loyers trop élevés et leurs fournisseurs victimes de l’inflation.

    D’autant plus que le resto n’abuse pas sur les coefficients multiplicateurs pour les vins, et que le menu déjeuner est un sympathique produit d’appel qui remplit la salle à midi.

    Tout cela devient intenable.

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