Paris 11e : le charme discret des Indécises
C’est un café d’angle avec sa terrasse comme une vigie villageoise sur une placette tranquille. Enfant du quartier, Nicolas Schweri, dont le grand-père jadis fut chef trente ans durant chez Bofinger et qui a lui même travaillé chez le voisin Astier a racheté le rade du rez-de-chaussée où résident ses parents et en a fait un lieu beau comme un camion. Il y a le haut plafond avec son miroir, le grand zinc signé Nectoux, les bouteilles d’apéros rangées comme des soldats de plomb, les banquettes, les recoins cosys, le service qui sourit.
On y ajoute la bectance classique et sérieuse, plus les vins rieurs et l’ouverture non stop qui achèvent de donner le ton d’un lieu ouvert. Cela s’appelle « les Indécises » et c’est lieu comme un refuge. Le céleri rémoulade bien relevé, l’oeuf mayonnaise même trop cuit, la terrine de canard au poivre vert et ses petits cornichons régalent sans manière.
La baguette craque, le choix de vins amuse. Le barman qui ressemble à Simon Abkarian et paraît sortir droit de « Kaboul Kitchen » vous fait goûter le viognier de Michel Chapoutier au domaine des Granges de Mirabel, le chinon Extra Ball domaine Grosbois à la couleur un peu clairette et qui ne titre que 11°, le joli brouilly du domaine des Grandes Vignes qui se boit à la régalade ou le solide Ibis rouge (syrah, cinsault, alicante) du domaine Ravanès en coteaux de Murviel, pays d’Hérault, qui passent comme des lettres à la poste.
Le mijoté de bœuf de papy aux airs de bourguignon avec sa brave purée, le tartare de bœuf au couteau flanqué de pommes pailles, le tendre quasi de veau et ses pommes vapeur sont réconfortants. Comme l’île flottante, le riz au lait ou la brioche façon pain perdu qu’apporte avec allant une serveuse qui semble née avec le sourire. On l’a compris : voilà un lieu simple mais bien astiqué qui vous met instantanément de bonne humeur.












