Quand François Cérésa donne dans le roman (très) noir

Article du 21 octobre 2025

 

Il s’est essayé à tous les genres et tous les styles, l’argomuche selon Simonin, Boudard, Audiard et San-A, version flibuste, il n’y a guère, après le dictionnaire du panache français, l’histoire romancée (le Lys Blanc) après avoir réécrit les Misérables et donné une autre vie à Cosette, le western et la fascination pour le cinéma américain et ses héros (« Total Western », « la montre d’Errol Flynn », « l’Une et l’Autre »). Voilà François Cérésa, l’auteur multiforme de tant d’aventures bravaches, dont on a oublié ni le Cimetière des Grands Enfants, ni la Fille aux cheveux rouges, qui se lance dans le polar noir, très noir, sans lâcher le cadre de son Brionnais de prédilection. L’histoire? Celle d’un couple qui se déchire et se délite, se coltine pépé gâteux et quitte Paris pour la campagne en s’imaginant découvrir une vie neuve. Ils vont se faire des amis, certes, et qui bouleverseront leur existence en perdition. Lui, qui avait presque oublié qu’il était médecin, le redevient à la campagne, incollable sur les voies digestives et les furoncles. Elle, journaliste spécialisée dans les films d’horreur, ne dédaigne pas les voix de l’érotisme. Un ancien légionnaire, un shampouineuse, des champignons vénéneux, un étrange séducteur et des marlous qui rôdent, des instruments de torture dans une cabane du jardin, plus un final digne de « ‘l’Equipée sauvage » de Sam Peckinpah… Mais on a déjà trop dit. Un brin d’humour et de gourmandise tempère le propos noir. Il y a même un « happy end ». Plus quelques bonheurs d’écriture avec des aphorismes qui naissant à chaque coin de page (« ce n’est pas le passé qui.nous hante, c’est nous qui hantons le passé« ). Mais il faudra attendre la page 238 pour comprendre (?) le titre sibyllin. Vive les romans à surprise de ce grand farceur de Cérésa!

La Mouche qui se lavait les mains dans un verre d’eau de François Cérésa (éditions Glyphe, 240 pages, 18 €).

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Publié le  21 octobre 2025 par

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