Saint-Tropez : un midi à l’Opéra
Pile sur le port de Saint-Tropez et à deux pas du musée de l’Annonciade, cet Opéra signé du groupe Brémond-Famose, avec ses photos et ses slogans provocants (« Eat & Fuck »…) griffé de l’artiste local Philippe Shangti, s’impose avec justesse. Pour un début sur la presqu’île c’est une sorte de passage obligé. Festif le soir, gourmand et plus calme le midi, le lieu soigne ses assiettes. Sous la gouverne du chef exécutif du groupe Alexandre Delage et de son disciple ici même Mathieu Grouas, la cuisine maison joue la fusion avec allant au gré de produits frais et de grande qualité.
Au menu. carpaccio de tomates de collection, melon, stracciatella, framboises et amandes, dim sum de crevettes sauvages, bouillon de champignons, volaille et crustacés, crudo de poissons, sauce ponzu, saumon, thon, sériole, tataki de wagyu, tosazu, gingembre, enoki croustillants, ceviche de loup, Aji Amarillo, yuzu, huile d’olive ou encore gambas croustillantes, sauce spicy mango font des hors d’oeuvre enlevés.
Les mets de résistance sont pareillement séducteurs. Ainsi, le saumon mi-cuit parfumé au tandoori, avec fenouil, concombre, vinaigrette poivrons jaunes, la daurade royale grillée à la flamme, avec ponzu, tomates, féta, gambas avec bouillon tom yam, lait de coco, riz parfumé au jasmin et canard mariné au miel et saké, daikon à l’orange et gingembre. On est moins fou de la sole dorée au sobacha et présentée en filets roulés, à la vinaigrette à la prune “ume”, tétragones au gingembre à présentation un peu « has been ».
Mais le poulpe snacké à la plancha, avec stracciatella et ricotta, vierge de tomates et basilic est une vive réussite. On boit là dessus les vins très séducteurs du domaine de la Rouillère de l’actionnaire mystère du groupe Bertrand Letratre, tarifés avec sagesse, en blanc vif et frais (2023), en rosé fort joliment équilibré (2024) et en rouge d’une vigueur revigorante (2023) avant d’aborder aux desserts, l’une des partie fortes de la maison. Les fraises de plein champ, avec sorbet fraise, barbe à papa et jus de fraise jouent les stars fraîches et digestes du lieu.
Mais l’Opera “Expresso Martini” n’est pas mal. Comme l’espuma de chocolat Ilanka, avec sablé et praliné cacao, plus glace vanille, la classique pavlova aux fruits rouges et noirs, avec chantilly, zeste de citron vert et menthe, les choux Paris Saint Tropez, avec crème légère à la fleur d’oranger et melon frais, sans omettre le très esthétisant « Opera Muse signature » hommage à la grande sculpture de l’artiste maison déjà cité Philippe Shangti, avec sa tête en chocolat blanc, crème légère à la vanille, croustillant amande, dulce de leche. Bref, de la séduction en tout genre. Quoique tout cela ait un prix …














Et rien de provençal.