La mémoire sentinelle de Patrice Delbourg

Article du 14 juin 2025

Il se souvient du bon usage du Teppaz, ancêtre du « mange disque », de l’attentat de l’OAS contre De Gaulle signé Bastien-Thiry au Petit Clamart, de Pompidou qui conduisait seul sa Porsche, de la « photo du siècle », celle de Salut les Copains, par Jean-Marie Périer, de Raymond Kopa, « la légende du stade de Reims », l’un des trois grands joueurs du foot français (devinez les autres!), de la marée souillée par le Torrey Canyon avant l’Amoco Cadiz,  du scoubidou cher à Sacha Distel, de Belmondo la tête peinte en bleu dans « Pierrot le Fou », du massacre du métro Charonne, du transfert des halles à Rungis, de tant d’autres choses enocore qui firent et défirent nos années 1960. Mémoire intacte, poète hypermnésique, Patrice Delbourg se souvient de tout et raconte en vers dissonants, brisés, assonancés, rytlhmés, jouant  à sa lanière ludique avec la bonne vieille prosodie. Rien ne lui échappe. Avant de se pencher sur sa propre personne (« Courtoisie de la Fatigue » , hommage à Guy Chambelland), il évoque ce monde fou, notre univers, qui tourne autour de lui. Bref,  son nouveau livre illustré par la pointe sèche de Michel Joyard non sans ironie, nous livre un grand pan de notre histoire-miroir. « la grande affaire de l’aventure humaine/consiste à entrer dans la vie et à en ressortir / sans trop de casse à l’emballage final ». Mine de rien, cette philosophie du quotidien désabusé en vaut bien d’autres. Et aussi : « la vie est grave mais il faut la gravir- la vie est dure mais il importe de durer« . Amis de la poésie, voilà un ouvrage à ne pas louper !

Mémoire Sentinelle, de Patrice Delbourg, illustrations de Michel Joyard (Ichnos Editions, 132 pages, 34 €).

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Publié le  14 juin 2025 par

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