Red Katz
« Paris 2e : le glamour chinois et gourmand du Red Katz »
Red Katz : « le chat rouge« , une enseigne mêlant anglais et yiddish (nous sommes dans le Sentier) pour désigner un lieu glamour, juste à la sortie du métro, face à la rue roulante rue Réaumur, avec son cadre glamour. Un parfait décor pour remake de « In the mood for love » de Won Kar Wai, avec force marbres, onyx, mosaïques, bois précieux, couleurs vives dans les tons rouges et verts. Il y a de ça, façon « In the mood for food« . Aux commandes, trois amies franco-chinoises, Claire Huang, Hélène Ding, Hélène Huang, nées à Paris, ayant fait leurs études dans la capitale, filles de restaurateurs chinois qui ont voulu ainsi faire retour à leurs racines, mais sans naïveté, mêlant humour, clins d’oeil et qualité.
Si le cadre fait « cinoche », la cuisine est fort sérieuse, avec une équipe au taquet, proposant des mets chinois familiaux, renvoyant au sud de la Chine, comme au Sichuan, avec des dim sums de qualité, des saveurs aigres douces, des mets de grand goût, des épices bien dosés. Le tout dans une atmosphère relaxe, avec sa carte de cocktails rétros qui donnent le ton d’un lieu mode, à la fois récent et tradi, enraciné dans son époque et son quartier.
Les vapeurs s’y distillent en panier choisi. Ainsi l’hakao farci de crevettes, porc et châtaigne d’eau enrobée d’une pâte de blé, l’hakao végétarien avec sa farce de carottes, choux blancs et shiitakés fondants, enrobée d’une pâte de blé à la betterave, le siu mai, avec crevettes, porc et ciboulette enrobée d’une pâte de blé fine ou encore le xiaolongbao, avec farce et bouillon de porc parfumés à la ciboulette. Il y a encore les ravolis de poulet (« Wonton ») aux poulet et queue d’ail enrobée d’une pâte de blé fine, le rouleau de grosse crevette croustillante, sa sauce aigre douce, qui font des entrées choisies.
Il y a encore les cubes d’entrecôte sautés au wok avec une sauce au poivre noir, accompagnés d’oignons, de poivrons et de champignons, le poulet Gong Bao , sauté au wok, avec oignons, carottes, poivrons et craquantes noix de cajou. On boit là dessus un cocktail choisi, un rosé M de Minuty qui épouse les saveurs aigre-douces ou encore le crozes hermitage de Christophe Pichon qui épouse le jeu des épices.
Et on achève sur une « Pearl Panna Cotta », au litchi et pamplemousse avec son coulis crumble aux amandes et fruits rouges, ou mieux avec le très réussi « Coco Black Martini », alliance entre liqueur de café, expresso intense surmonté d’une chantilly coco maison. Un lieu insolite et charmeur à découvrir.














Bonsoir,
Je me permets quelques lignes d’acculturation sur la cuisine traditionnelle cantonnaise :
1/ Har = crevette en cantonnais. Donc Ha Kao végétarien serait équivalent à un poulet rôti végétarien en français. Et on trouvera plutôt des pousses de bambous dans les har kao que des châtaignes d’eau…
2/ Les Wonton sont toujours à base de crevettes et/ou de porc. Remplacer le porc par du poulet relève d’une décision à orientation purement commerciale mais vous n’en trouverez jamais à Hong Kong.
Sinon, un grand bravo pour votre site et la fréquence de vos revues gastronomiques !