Olympe et sa légende
Elle fut une icône gourmande des années 1970, fille d’un aubergiste du Var d’origine corse et d’une artiste peintre de talent, créa, avec son mari Albert, rencontré à la fac, le restaurant Olympe, rue du Montparnasse, fut la reine des écrevisses sautées et du pigeon laqué au miel, des langoustines aux pâtes fraîches et des tripes pimentées. Tout-Paris et tout-Hollywood s’y croisa, ainsi que rue Nicolas Charlet, de Francis Ford Coppola à Catherine Deneuve, de Claude Berri à Eddie Barclay. Dominique Versini alias Olympe, pure autodidacte surdouée, supportée par son RP de mari Albert Nahmias, devint une reine des médias, à la télé, à la radio, dans les pages du Figaro, sur le plateau de Bernard Pivot au temps d’Apostrophes, avec Paul Bocuse, Paul Haeberlin et les autres, elle fut la première femme à tenir le premier rang (avec une étoile au Michelin et un 18/20 chez Gault & Millau) au coeur d’un milieu machiste. On la retrouvera ensuite au Virgin Megastore, puis à la Casa Olympe rue Saint-Georges dans le 9e, s’essayant avec succès, à la bistronomie. Enfin, devenue partiellement italienne à Vernole, dans les Pouilles, y vivant sa vie libre et bohème, cuisinant pour ses amis. Créant également des bijoux, indiquant ainsi qu’elle n’a jamais perdu cette âme artiste léguée par sa mère. Dans un livre passionné et vibrant, Anne Ettore conte son histoire, édifie sa légende, dresse son portrait avec fougue et une foule de documents méconnus ou intimes. Un livre de cuisine et d’amour vraiment pas comme les autres…
Olympe une cuisinière libre , d’Anne Etore (Hachette Cuisine, 272 pages, 35 €).







