Le Beaucé
« Paris 9e : retour au Beaucé »
Marius Bénard : on vous en avait parlé ici à ses débuts dans ce Beaucé qui figure une des bonnes pioches de la gourmande rue Richer. Il reçut le trophée de la transmission de notre Pudlo Bistrots en 2022. On connut son père, grande gueule exemplaire du genre bistrot parigot, Gilles Bénard, chez Quedubon, rue du Plateau, près des Buttes Chaumont, et auparavant, avec Jean-Pierre Daroussin, chez Ramulaud, à deux pas de la place de la Nation.
Formé jadis au Repaire de Cartouche avec Rodolphe Paquin, Marius se défend en one man chaud en cuisine, jouant un registre canaille qui nous plait bien. Le cadre, avec son comptoir, ses banquettes, ses tables en bois, ses serviettes à carreaux rouges, son mur de pierres apparentes, son ardoise géante, son enseigne dédiée à la Boucherie, ne manque ni de charme, ni du caractère. Le service est un peu léger – le patron est ici en cuisine, il ne peut tout surveiller – , mais fait ce qu’il peut pour s’adapter aux exigences des gourmets maison.
Le menu de midi est toujours une affaire, proposant pour 22 € les mets du moment, renforcés par les suggestions du jour. Et les abats sont ici à la fête, à travers le savoureux pâté de tête de cochon fermier, la poêlée de cœurs de canard marinés à l’origan, la cervelle de veau meunière, la pomme de coeur de ris de veau au citron ou encore le rognon entier aux haricots verts (pas terribles, ces derniers, et franchement ramollos, mais un accident est toujours possible…).
Manière de montrer qu’il sait tout faire, la gars Marius propose aussi une tendre échine de cochon rôtie aux pleurotes et haricots verts, sans omettre un carpaccio de bonite de ligne, sauce soja et concombre, de belle fraîcheur, ou encore un filet de bar à l’huile d’olive qui met un peu d’iode dans une solide partition carnée. Là-dessus, des vins de soif de copains jouent leur rôle avec entrain, comme le vif muscadet de Landron-Chartier, le rond et rubicond côte de brouilly Briante sans omettre le souple et séducteur cahors du Clos Siguier.
On achève sur la superbe mousse au chocolat très noir et fort peu sucrée, le joli moelleux aux reines-claudes oui encore la régressive île flottante au caramel et beurre salé, avec son sarrasin grillé. Bref, voilà un bistrot gourmand auquel manque un animateur de talent en salle, comme l’était jadis papa Bénard chez Ramulaud et Que du bon …














