Aux Deux K
« Paris 9e : les délicatesses des 2K »
Samantha Kagy et Kimiko Kinoshita sont deux cheffes d’origine asiate – l’une vietnamienne et l’autre japonaise. Elles se sont rencontrées au Violon d’Ingres avec Christian Constant, puis chez Jacky Ribault à l’Ours de Vincennes. La première est cuisinière, la seconde, pâtissière, a également fait des séjours appliqués au Taillevent et à l’atelier Joël Robuchon Saint-Germain.
Voilà qu’elles viennent d’ouvrir leur table avec modestie dans rue montante du 9e. Cela s’appelle aux 2 K, l’enseigne reprenant leur initiales, il y a là une vingtaine de couverts seulement, un cadre sombre, sans apprêt, avec leurs fauteuils en plastique confortable, un plafond en bois ajouré. Et, en cuisine, la délicatesse, comme les belles idées au fil du marché donnent le ton de ce qui se proposent à l’ardoise.
Cromesquis de cochon au coulis de cresson et salade d’herbes, tartare de mulet, crème de wasabi, chips au sésame, encornet poêlé, taillé en fines lanières, jambon cru, pousses de soja, chips d’ail et encore lieu noir grillé, avec tourin d’ail nouveau, chorizo, sauce vierge ou encore pigeon cuit rosé et anguille fumée, sauce salmis, échalote confite sont pile poil.
Un bémol cependant au rouget fort bien cuit à l’unilatérale, mais qui arrive tiède et qu’il faut demander à faire réchauffer – aucune assiette n’est d’ailleurs vraiment chaude -, mais flanqué d’un exquis jus de bouillabaisse, de croûtons et de rouille – pas d’accompagnement légumier, en revanche pour ce plat. Mais tout cela est aisément perfectible.
On loue en revanche sans équivoque le choix de vins malicieux, comme ce pinot noir de Loire 2023 signé Jousselin père et fils à Soings-en-Sologne qui se boit à la régalade ou le splendide crozes-hermitage 2021 les Coulalres du domaine Vendôme plein de fruit et de fraîcheur, avec la belle expression de violette de la syrah. Le dessert, assuré par une complice venu en renfort de l’Ours de Vincennes – nous étions là un dimanche et le sommelier en titre Matthieu Besnardeau était aux abonnés absents.
Côté desserts, c’est le grand opéra avec un magnifique riz au lait, banane et caramel, qu’éclaire un soupçon de rhum, un mariage craquant de noisette et citron noir, une alliance très gourmande et très réussie de chocolat, café et mascarpone, plus une alliance entre patate douce et parfait coco, plus des figues de saison rôties, relevées de pignons de pin et d’un sorbet à la fleur d’oranger. Voilà, à l’évidence, un duo d’avenir.














