Des Terres
« Paris 20e : Des Terres à découvrir … »
Toujours en quête de nouveauté, notre ami Benjamin Berline a déniché le nouveau bon coût bistrotier du 20e. On l’écoute.
Des Terres ? Un penchant teinté de respect pour les offrandes de Dame Nature mais aussi un aveu auto-proclamé de la détermination de trois jeunes gens, artisans de cette neuve adresse du 20e qui bouge. Anthony Chouchan, ancien des Fines Gueules et du Rubis rue Léopold Bellan, docteur « casteur » en crus d’auteurs, Matthieu Hernandez au palais affûté du côté d’Elmer et Esther Vieille – qui n’en a que le nom – bonne fée des lieux et ex-designeuse qui a « relooké » avec goût ce rade de quartier autrefois dédié au houblon.
Ce trio complice a eu la bonne idée de s’adjoindre aux pianos les services d’Emmanuel Perrot, ayant aiguisé ses couteaux du côté de l’Esquisse dans le 18e. Avec le concours d’une matière de première fraicheur, ce bout-en-train orchestre une partition vive, végétale mais aussi volontiers carnassière et iodée ne manquant ni d’adresse ni de culot.
Voisins de près ou de loin viennent ainsi fricoter avec le bon coût de la formule du midi. Une aubaine pouvant démarrer sur un mode canaille par la fine terrine « Des Terres », mitonnée le matin même avec cognac, raisin, fruits secs et pistaches. Mais l’oeuf parfait avec sa fondante duxelles de champignons ou l’estivale salade pastèque, melon, olives de Kalamata et poutargue achèvent aussi de vous mettre l’estomac en éveil.
Terre ou mer, point d’esbroufe, les deux plats proposés au déjeuner balancent efficacement d’une rive à l’autre. Alors que le filet de merlu avec courgettes et trompettes de la mort au pesto nous fait de l’oeil, on jette notre dévolu sur la belle échine de cochon rôtie avec piment d’Espelette et aubergine juste rôtie au four. Piquant et savoureux.
La partie liquide occupe « naturellement » ici une place de premier ordre. A chaque tastevin, le fervent Anthony disserte avec emphase de ses dernières trouvailles, ayant, dans cet océan parfois déconcertant du flacon nature, la louable habitude de vous proposer trois options afin d’identifier celle qui vous siéra le mieux. L’ample patrimonio signé Santamaria avec une finale sapide et saline ou, côté Savoie, la mondeuse « Silice » des Ardoisières, cadrant fort bien avec le sucré, constituent nos coups de coeur du jour.
Justement, place aux desserts qui ne déçoivent guère avec en vedette ce riz « olé » fourmillant de pralin et d’amandes croquantes et torréfiées, partageant l’affiche avec cette tarte fine à la rhubarbe au caramel au beurre salé. A noter que le soir, les belles pièces de viande et de poisson, tels le carré de cochon de Gascogne ou la limande sole du Finistère- se partagent allègrement aux côtés d’une carte étoffée.
On finit de planter le décor, en rappelant, en quelques mots, la promesse de cette demeure au grand coeur. « Bistrot vivant, cafetier engagé et caves à vins nature ». Voilà une jeune pousse qui met un point d’honneur à recevoir sans relâche, servant, de l’aimable terrasse au comptoir, le délicieux café brésilien, aux notes beurrées, de l’ami et torréfacteur voisin Wekoffee. Un QG qui boucle astucieusement la boucle en dégainant sa casquette de caviste. Cuvées d’artisans, raretés, sélections parcellaires forment un livre d’heures du bio et du nature au sein duquel « Antho » saura vous guider en échanson inspiré et à l’écoute. Longue vie à « Des Terres » !















