Dans l’amitié d’une montagne de Pascal Bruckner
Pauvre de nous : voilà qu’on vous parle avec un an de retard de ce livre délicieux ! Pourtant le juste moment est venu de s’y plonger : entre deux raclettes et trois fondues, un peu d’élévation fait du bien. Philosophe et randonneur au long cours, alpiniste tenace et skieur convaincu, Pascal Bruckner revient sur ses origines. Du côté de l’Autriche, mais aussi de la Suisse, dont il dresse ici un vibrant éloge, il revient à ses sources, règle ses comptes tardifs avec un père pro-nazi, retrouve les traces de Nietzsche à Sils-Maria, cite Charles-Ferdinand Ramuz (« la Grand Peur dans la Montagne« ) et d’autres bons auteurs, trace sa route en solitaire, explique que la souffrance cousine souvent avec rédemption et plaisir entre refuges et cols où s’agripper, se voit en père souciant de marcher droit près de sa fille, relève que la marche, la montée, l’escapade permettent de se tenir droit. L’auteur d’une Brève Eternité s’y fait maître zen, yogi au long cours, professeur de sagesse. Il sait, comme Camus, comme Sisyphe, que « la lutte elle même vers les sommets suffit seul à remplir un coeur d’homme« . Voilà un livre qui fait du bien. A glisser dans son sac de voisin, entre écharpes, pull et piolet.
Dans l’amitié d’une montagne, petit traité d’élévation, de Pascal Bruckner (Grasset, 192 pages, 18 €).








