Le Sathonay
« Lyon: dans l’antre des Somonian »
Ils sont les autodidactes du bas de la Croix Rousse, veillent sur leur place champêtre avec tendresse et le vrai sens de l’hospitalité lyonnaise. Lui fut jadis barman. Elle a démarré sa carrière toute jeune en faisant la plonge, apprenant la cuisine avec sa grand-mère. Depuis un quart de siècle, cependant, ils cumulent les affaires dans la capitale des Gones. Ils ont tenu le Petit Flore rue du Garet, le Bon Endroit rue Neuve, enfin ce Sathonay qui emprunte simplement le nom de leur square bucolique cher aux joueurs de pétanque et dont le tracé évoque une ancienne villa gallo-romaine.
Un peu de l’histoire de Lyon, on le comprend, s’écrit ici même. Michel et Hélène Somonian règnent sur un joli décor rustique avec leur salle double qui constitue un parfait décor de théâtre. Depuis 2009, déjà, ils ouvrent le week-end, demeurant les veilleurs côté bouchon de la gourmandise lyonnaise sur le mode régionalisant, offrant accueil souriant, joli frichti et cadre affable. Leur demeure avec leur haut plafond était la dépendance d’un couvent fondé en 1296 par Blanche de Castille, fille du Duc de Bourgogne, et détruit en 1813.
Ils l’ont aménagé avec chaleur. De vieux livres, des affiches anciennes, des ustensiles de cuisine en cuivre, des tables et chaises et bois donnent le ton du lieu. Il y a aussi la terrasse tirée au soleil qui a du succès dès que le temps est au beau. On se régale, ici et là, au gré du menu-carte qui fait plaisir sans ruiner. Salade lyonnaise, oeuf en meurette, salade au feuilleté de Saint-Marcellin, saucisson brioché (maison), terrine de foies de volaille, noisettes, abricots secs et cochon font des entrées aimables.
Il y a la rituelle andouillette à la moutarde, la quenelle de brochet au coulis de langoustine, le tablier de sapeur sauce gribiche, le croustillant de boudin aux pommes et le gratin de ravioles de chèvre au jambon cru. On n’oublie pas le potage du jour, ni le gâteau de foies de volaille avec ses morceaux de quenelle pochée et sa sauce tomate. Ni bien sûr les desserts de grand-mère, genre oeufs en neige, crème caramel, tarte aux pralines, fondant au chocolat. Le pot de chenas de chez Nadège et David Boulet passent là dessus avec aise.












