L’avenir de Stéphane Audeguy
Une utopie à la Huxley, à la Bradbury, qui ne soit ni un pastiche du « Meilleur des Mondes », ni de « Farenheit 451 », mais autre chose, comme une parabole de ce qui se défait dans un monde qui s’emballe et s’autodétruit : voilà à quoi s’attelle le malicieux Stéphane Audeguy. Quand les oeuvres d’art disparaissent et tombent en poussière, cela commence par la Joconde, puis cela se poursuit des oeuvres de même calibre. Tandis que des passionnés vont à leur recherche, comme un ex garde rouge chinois devenu amoureux de Mona Lisa, un conservateur du Louvre plus fanatique qu’un autre, un spécialiste de l’art allemand fils de rescapé de la Shoah. Enfin, mais, dans un univers où l’art n’existe plus, où l’horizon du futur semble tailladé par des sectes et la quête du dernier-né, une orpheline haïtienne aux pouvoirs secrets pourra aider à reconstruire un monde neuf. Audacieux, brillant, parabolique, voilà un thriller surréaliste qui joue entre dystopie et fable avec élan. Stéphane Audeguy, dont on aima jadis « Fils Unique » sur le frère méconnu de Jean-Jacques Rousseau et la très applaudie « Théorie des nuages », se révèle ici à nouveau comme un as de la fiction encyclopédique teintée d’humour et d’ironie noire. Voilà une perle à ne pas laisser filer.
L’avenir, de Stéphane Audeguy (Seuil, 268 pages, 21 €).







