Le Griffonnier
« Paris 8e : loué soit le Griffonnier ! »
Cédric Duthilleul, que nous connûmes jadis à la Mascotte, en lisière place des Ternes, régale, depuis deux décennies déjà, des légions d’avocats gourmands, de gourmets passionnés de vins, d’agents du renseignement national (nous sommes ici rue des Saussaies) entre deux enquêtes et de Parisiens de hasard venus découvrir ce bistrot hors norme. Cédric, qui fut jadis notre « bistrot à vins de l’année » au Pudlo Paris, est devenu une institution à lui tout seul.
Il règne sur son comptoir au rez-de-chaussée comme Saint-Louis rendait la justice sous son chêne. Et le bon frichti suit. Œuf mayo « champion du monde » sur son lit de pommes chaudes, céleri rémoulade au tourteau, poireaux vinaigrette ou carpaccio de saint jacques font des entrées gourmandes. Les belles viandes glanées chez les voisins Bissonnet des Boucheries Nivernaises jouent les vedettes éternelles et rabelaisiennes à coups d’onglet à l’échalote, filet de bœuf au poivre ou belle entrecôte béarnaise. Même si volaille à la crème et morilles ou andouillette au sancerre figurent également au rendez-vous.
Côté vins, Cédric a, évidemment, plusieurs cordes à son arc, comme le crozes de Combier ou la syrah à papa de Stéphane Montez et une collection de beaujolais soignée. Chenas signé Piron et Lameloise du copain Revillon ou regnié de Striffling (granit blanc en villages mais aussi le rouge fruité) valent, en tout cas, le lever de coude.
Et, côté desserts, on achève sagement avec l’ananas frais au sirop vanillé ou la Tatin aux coings, même si crème brûlée et profiteroles au chocolat figurent toujours au rendez-vous. Un petit détail : il serait enfin temps de troquer les serviettes en papier – indignes d’une telle maison – pour des spécimens en tissu qui cadreraient tellement mieux avec le standing de ce Griffonnier hors pair qui réunit le meilleur monde de Paris sur ses deux étages. Bon appétit à tous et large soif !












