Megève : les réjouissances de l’Idéal
Direction Megève où notre complice Benjamin Berline s’attable sous le soleil au sommet du Mont d’Arbois et re-découvre pour nous l’Idéal 1850. On l’écoute !
La recette toujours gagnante pour une véritable dose de bonheur à Megève ? Elle est simple. RDV au golf, ajoutez quelques minutes de téléphérique pour grimper à 1850 mètres d’altitude et vous voilà au sommet du Mont d’Arbois où se dévoile en majesté cet Idéal qui porte si bien son nom. Avec son panorama de rêve comme un spectacle permanent aux premières loges du Mont-Blanc et des sommets environnants, le lieu, sa terrasse et sa vue magique valent à eux-seuls l’ascension.
Mais le coup de force est que, loin de de se contenter de miser sur son cadre enchanteur, ce belvédère de charme ne badine guère en matière de gourmandise. Aubergiste débonnaire, accueillant chacun avec le sourire et aussi incollable sur l’art de la fondue que sur celui des bons crus, Brandon Pernollet veille avec enthousiasme ce chalet de caractère joliment patiné par le temps avec sa terrasse où il fait bon s’attabler été comme hiver. Il orchestre ici un répertoire éclectique et pensé pour tous les appétits, mettant l’accent sur une carte ayant trouvé le juste équilibre entre malices d’altitude, clins d’oeil à l’Italie voisine et réconforts savoyards au diapason de la saison.
Pour se mettre en jambes, on taquine sans se faire prier la jolie planche de boeuf séché des Alpes avant de franchir allègrement la frontière en faisant un sort à la burrata crémeuse acoquiné au pesto de roquette et aux tomates anciennes, au délicat tataki de thon sans oublier de céder aux charmes de l’impeccable vitello tonnato, qui finement ciselé avec câpres et roquette n’aurait point à rougir lors d’une dégustation minutieuse de nos cousins transalpins.
Puis sonne l’heure de la gourmandise franche et décomplexée avec le burger de l’Idéal, dont les deux moitiés trônent sur un voluptueux lit de sauce au reblochon avec la complicité de frites croustillantes Mais le registre des fondues reste évidemment ici un passage obligé avec en cette fin d’été, le triomphe de la version Suisse mêlant vacherin et gruyère et paradant avec sa salade verte et ses pommes de terre fondantes en diable. Glissons au passage que la « rolls » du genre imaginée par le chef du Four Seasons Armando Acquaviva, laurée de la palme d’or au festival Toquicimes et mêlant comté, beaufort, reblochon et une touche de parmesan peut ponctuellement s’inviter à l’affiche.
Pour ceux qui garderaient un oeil attentif sur la balance et leur « winter » ou « summer » body, le tartare de bœuf de charolais escorté de frites fraiches et de salade verte s’avère pareillement délectable. Et dans ce refuge haut-perché, les bons crus sont loin d’avoir déserté. La collection de jolis nectars de la famille Rothschild donne l’embarras du choix et l’occasion de beaux mariages entre la vivacité élégante du champagne Barons de Rothschild, l’expression droite et minérale du sauvignon néo-zélandais Rimapere et la grande séduction merlot du Château des Laurets à Puisseguin Saint-Emilion.
Alors que le soleil enveloppe la terrasse et un public enjoué mêlant randonneurs, esthètes élégants et habitués, pas d’impasse sur le chapitre des douceurs qui, en évitant l’écueil de la complication, se révèle aussi fort bien traité. On raffole notamment du fontainebleau aux fruits rouges avec meringue et coulis fruits rouges maison, de la délicate tartelette aux myrtilles ou de la fort rafraichissante coupe de glace vanille, chocolat, fraise, caramel. Et avec un peu de chance, le rieur Brandon ne vous laissera pas repartir sans vous glisser un fond de la reine des liqueurs, servant avec coeur la Chartreuse VEP pour vous permettre de redescendre de ce perchoir gourmet l’estomac plein et le coeur léger ! Eté comme hiver, voilà une halte tout bonnement idéale !
L’Idéal 1850
au sommet du Mont d’Arbois
74120 Megève
Tél. 04 50 21 31 26
Carte : 65 €















