Le Meurice
« Meurice: Alleno et l’hommage au repas des Français »
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Culotté et abonné au succès: c’est Yannick Alleno, qui se démène au Cheval Blanc de Courchevel, au Terroir Parisien dans le 5e, tout en poussant ses billes à Dubaï, Taipeh et Marrakech, parvient à être pleinement chez lui au Meurice. Le service de la noble salle façon château de Versailles a été rajeuni et la nouveauté maison est l’hommage au « repas gastronomique des français » classé récemment au patrimoine immatériel par l’Unesco.
Son interprétation du genre est à la fois vagabonde, faisant le tour de l’hexagone, a des inclinaisons Sud Ouest – ce Parisien d’Ile de France n’a pas oublié ses racines lozériennes -, et joue des clins d’oeil exotiques. Sept services racontent cette « idée de repas » comme une histoire ou un voyage.
Il y a les exquis amuse-gueules dit « apéritifs » comme les cromesquis de petits pois, la (fabuleuse!) nage prise au coulis de cresson, la tuile de riz et son risotto crémeux. Puis la soupe glacée de salade romaine à la coriandre avec écume à l’orange poudrée de cannelle et faisselle au cumin: superbe!
Ensuite les « entrées et curiosités »: chaud-froid de caille de Pierre Duplantier aux figues et réglisse, artichaut sous un voile croustillant avec des moules marinières – culotté et exquis -, ensuite ce morceau de bravoure ménager et printanier à la fois que sont les pâtes fines au beurre avec mousserons, asperges sauvages et feuilles de petits pois.
Tout cela est fin, vif, léger. Si bien qu’on n’a guère de mal à continuer avec le merlu servi en darne façon cogote avec ses gros haricots blancs compotés au piment doux. Vient le clin d’oeil exotique, auquel on faisait allusion en liminaire avec la féta en mousse légère, la tranche de mara des bois en gelée de vin des coteaux du Layon.
On achève sur de jolies mignardises (blanc d’oeuf coco et jaune de mangue, menthe givrée et fines feuilles de couverture ivoire, mousse légère et texture groseille), plus cette fabuleuse composition de Camille Lesecq avec ces cerises à la provençale flanquant une mousse de nougat. Royal!
Avec cela, les vins de la délicieuse Estelle Touzet suivent le mouvement et l’accompagnent: champagne rosé cuvée Paradis, parfait (de fruit, de fraîcheur, de longueur) Giscours 2004, enfin léger muscat d’Asti de la Spinetta, comme un élixir de jouvence. Ce menu tout compris, servi au déjeuner, tarifé 120 €, est la meilleure introduction qu’on puisse imaginer au Meurice, qui constitue l’une des tables parisiennes les plus séductrices du moment.
















Vous me décevez Monsieur Pudlowski! Je suis un lecteur assidu de vos chroniques et je ne retrouve pas mes impressions dans celle-ci.
J’ai déjeuné début fin juin au Meurice où on m’a servi le même menu que vous et quelle déception!
Le service était trop guindé, les plats sans ‘peps’ jusqu’au pâtes où oui elles sont fabuleuses.
Le dessert ne m’a pas emballé outre-mesure et les cafés sont facturés 10 euros en fin de repas.
Monsieur Alleno m’a beaucoup déçu et ne donne pas du tout envi d’y retourner.
Bien à vous.