Paris 8e : gourmands Romantiques
À deux pas des Champs-Élysées, face au métro Alma-Marceau, l’ancien Shirvan Café Métisse a changé d’époque et d’atmosphère. Guillaume Courtois, que l’on connaît notamment pour Les Parisiennes, les Turbines, le Vert Tulipe, la Maison Saint-Honoré et la Brasserie Jaja, y signe avec « Les Romantiques » une brasserie élégante qui joue la carte du chic parisien sans ostentation. Le décor imaginé par Olivia Decaris, avec ses lignes chantournées, ses jeux de matières chaudes très velours et stucs, son élégance colorée un brin théâtrale, compose un cadre séduisant où le service, précis et attentif, cultive le goût du détail.
Bref, voilà une maison accueillante qui entend renouer avec l’esprit des grandes brasseries contemporaines. En cuisine, on retrouve une vieille connaissance avec l’excellent Thierry Colas qui mène la danse avec l’assurance des chefs qui ont fait leurs classes dans les meilleures maisons. Ce natif de Cherbourg, ancien de Manuel Martinez à la Tour d’Argent, puis au Relais Louis XIII, fut jadis chef de Lapérouse et du Procope, et a surtout marqué de son empreinte une décennie passée aux côtés d’Éric Frechon au Lazare. Son savoir-faire s’exprime ici dans une cuisine de tradition remise au goût du jour, lisible, généreuse et parfaitement exécutée.
La formule déjeuner à 23,90 € constitue déjà une excellente raison de pousser la porte. On y savoure un délicieux velouté glacé de petits pois façon vichyssoise relevé de chèvre frais – proposé aussi dans une version plus festive au homard. La terrine de campagne et les rillettes paysannes sentent bon le travail maison, tandis que le tartare de thon et avocat apporte une touche de fraîcheur. Les rigatoni au homard font plaisir aux gourmands, quand le poulet rôti du dimanche rappelle les plaisirs simples des belles tables de quartier.
Côté poissons, le filet de lieu en cassolette aux tomates confites comme le lieu poêlé nappé d’une savoureuse sauce bisque et accompagné de son riz basmati témoignent d’une cuisine maîtrisée qui ne cherche pas l’effet mais le goût. Les desserts restent dans la même veine classique et gourmande : millefeuille joliment caramélisé, crème brûlée flambée à la minute ou simplement de belles fraises et framboises servies au naturel.
Dans le verre, le remarquable chinon de Philippe Alliet, à Cravant-les-Coteaux, accompagne idéalement ce repas plein de justesse. Autant dire que cette adresse réussit son pari : proposer, au cœur d’un quartier riche en pièges à touristes, une vraie brasserie parisienne, gourmande, soignée, sincère et chaleureuse. Une belle raison de retrouver le chemin des Champs et de l’Alma… et de s’attabler chez Les Romantiques.
Les Romantiques
32, avenue George V
Paris 8e
Tél. : 01 49 53 94 79
Menus : 23,90 (form., déj.), 24,90 (dim.) €.
Carte: . 55-90 €
Fermeture hebdo. : aucune.
Métro (proche) : Alma-Marceau
Site : lesromantiques.fr












