Paris 9e : Les Sardignac, tontons flingueurs à table
Il y a des bistrots où l’on entre pour déjeuner et où l’on se retrouve à rejouer les grandes scènes du cinéma français. Ce midi, chez Le Sardignac, à l’angle de la rue Richer et de la rue de la Boule Rouge, pile face au Folies Bergère, on refait la scène de la cuisine dans les Tontons flingueurs avec le tonitruant Vincent Solignac, joyeux comédien, scénariste et homme de théâtre devenu sérieux aubergiste, dans le rôle titre, qui mène sa maison avec entrain, bonne humeur et le sens du produit juste.
Le décor a du caractère, l’accueil de la chaleur et l’assiette un vrai goût de comptoir parisien remis au goût du jour (avec son écran plat qui diffuse les matches de foot ou tennis). L’œuf mayo joue les classiques impeccables, les anchois de Cantabrie arrivent avec leur salinité noble, tandis que le croque-monsieur au jambon Prince de Paris ou pastrami fait le lien entre bistrot canaille et gourmandise d’aujourd’hui. La terrine de campagne, franche et rustique, est dans le ton.
Les plats suivent avec la même générosité maîtrisée : tartare de veau escorté de pommes grenailles et salade verte, polpette de poulet servies avec une polenta crémeuse, carottes et olives, le tout sans esbroufe mais avec du goût, du relief et ce supplément d’âme qui fait les bonnes maisons de quartier.
Les desserts jouent la partition régressive et gourmande : mousse au chocolat et crumble aux amandes, framboises chaudes posées surla glace vanille, cheesecake au fruit de la passion, riz au lait et compote de rhubarbe. Rien de révolutionnaire, mais tout est juste, sincère et réjouissant.
Côté cave, les quilles sont choisies avec coeur : le Clarita 2024 des vignes de l’Amandier en sauvignac blanc ouvre le bal avec fraîcheur, le regnié “Les Tilleuls” 2021 de la Haute Plaigne met du fruit et du nerf, le givry “Les Mureys” 2023 de Stéphane Bak apporte son velouté bourguignon, tandis que “La Sarrazine” 2023 de Jérôme et Vincent Roux en grignan-les-adhemar (que Vincent qualifie de « côte rôtie du pauvre) conclut le repas avec gourmandise.
On compare ensuite d’étranges liqueurs (à la mandarine, menthe ou citron) en se rémémorant la sentence de Francis Blanche dans le film sus nommé : « le tout venant ayant été piraté par les mômes, va falloir se rabattre sur le bizarre« . Voilà une adresse vive, bavarde, gourmande et copine comme un dialogue de Michel Audiard.
Les Sardignac
27 rue Richer, 75009 Paris
Tél. : 09 83 62 81 97
Métro : Grands Boulevards
Fermeture hebdo : samedi midi et dimanche
Menu 24 (déj., formule) €. Carte 35-50 €
Site : Les Sardignac














