Annecy : un balcon sur le lac
Il y a des hôtels que l’on choisit pour dormir, et puis il y a ceux que l’on choisit pour regarder et rêver. Perché au-dessus du lac, « les Trésoms Lake & Spa Resort » (ex « les Trésoms et la forêt« ) appartient clairement à la seconde catégorie. Ici, tout commence par la vue, une vue qui n’est pas simplement “belle”, mais presque théâtrale. Depuis les balcons, le lac d’Annecy s’étire en contrebas, la vieille ville se dessine, et les montagnes viennent encadrer l’ensemble comme un décor vivant.
Cette sensation de surplomb est rare, presque aérienne, donnant l’impression d’avoir toute la ville à ses pieds. Certains diront même que c’est la plus belle vue d’Annecy — et il est difficile de leur donner tort. Mais ce qui rend Les Trésoms si attachant, ce n’est pas uniquement ce panorama exceptionnel, c’est aussi ce subtil décalage dans le temps. Se réveiller ici avec le petit déjeuner sur le lac – et les fromages de montagne venus des environs – tomme, abondance, reblochon – est un bonheur sans ombre.
Derrière une façade aux lignes héritées du milieu du XXe siècle, se dévoile un intérieur qui raconte une autre époque, ou plutôt plusieurs. L’esprit Art déco affleure encore, mais il s’est progressivement mêlé à des codes plus tardifs, presque années 1990 dans certaines chambres : moquettes épaisses, volumes généreux, touches décoratives assumées (avec des salles de bain il est vrai un peu obsolètes, les WC jouxtant la baignoire avec douche – mais une rénovation est prévue). Un mélange inattendu, parfois déroutant, mais qui participe pleinement au charme du lieu, comme si l’hôtel avait choisi de superposer ses strates plutôt que de les effacer.
L’histoire du lieu explique sans doute cette identité à part. Ancienne pension de famille édifiée en 1960, devenue progressivement hôtel de luxe, transformée à la fin des années 1990 sans être totalement lissée, rachetée et revivifée par Véronique et Pascal Droux qui lui ont ajouté des villas annexe et un spa, l’établissement a conservé une vraie personnalité. Aux Trésoms, on ne vient pas chercher une perfection standardisée, mais une expérience. Celle d’un équilibre entre nature et architecture, entre forêt et lac, entre silence et proximité du centre.
On vient pour cette lumière qui évolue au fil des heures, pour ce calme enveloppant, pour cette impression d’être à la fois en retrait et au cœur d’Annecy. Le luxe ici n’est jamais ostentatoire, il se niche dans l’espace, dans le souffle, dans la perspective. Et surtout dans ce balcon ouvert sur le lac et la ville, qui, à lui seul, suffit à donner envie de revenir. La table, bien sûr, menée par Eric Prowalski, dans le beau décor de la Rotonde, est l’un de ses plus.
Et pour la petite histoire, on apprendra que c’est ici, dans les années 1970, que Marc Veyrat, qui allait plus tard tutoyer les sommets étoilés, a connu sa première place. Les Trésoms, on vous le disait, c’est plus qu’un simple hôtel ou qu’un hôtel simple …














