Paris 6e : Armani version simple !

Article du 3 avril 2026

En terrasse © GP

Bien sûr, il y a la table étoilée au premier étage, avec ses assiettes complexes et savantes. Mais le petit bonheur gourmand de la maison Armani se cueille au rez-de-chaussée, côté Caffé, face à l’église Saint-Germain-des-Prés, avec la terrasse sous verre qui capte la lumière comme une serre élégante ou – au choix, les deux images conviennent –  comme un atelier de peintre. Armani Caffè joue ici la dolce vita à la milanaise. On s’y attable comme dans un décor de cinéma, entre élégance discrète et chic bien repassé. Ici, Emporio Armani habille aussi l’assiette : lignes nettes, goût juste, rien de trop. L’Italie s’y raconte sans hausser le ton, sous l’impulsion de l’équipe drivée par l’ubiquiste Massimo Mori et l’oeil aiguisé du chef Massimo Tringali.

Fritto misto © GP

Le déjeuner s’installe en crescendo, comme une balade du sud au littoral. La saucisse au fenouil ou les dés de parmesan ouvrent l’appétit avec franchise. Ils trouvent un écho naturel dans les légumes grillés qui prolongent ses notes ensoleillées et végétales avec quelques d’huile d’olive de Toscane. Puis l’artichaut à la juive, frite, à la mode du ghetto de Rome, apporte le contraste : croustillant, presque noiseté. Il appelle aussitôt le fritto misto, qui en reprend la légèreté mais côté mer, dans une friture nette, sans lourdeur, avec crevettes, calamars, langoustines ou lieu sauce tartare.

Légumes grillés © GP

La transition vers les pâtes se fait sans rupture, comme une évidence. Les spaghetti alla chitarra cacio e pepe jouent la carte du dépouillement maîtrisé — poivre, pecorino, geste précis, bel équilibre entre le fromage et le condiment relevé — et servent de pivot. À partir de là, tout s’ouvre : les linguine alle vongole prolongent cette tension saline, tandis que la calamarata aux calamars en donne une version plus charnue, presque terrienne dans sa générosité marine. Une progression logique, fluide, où chaque assiette répond à la précédente sans jamais l’écraser.

Linguine aux palourdes © GP

Les desserts, eux, allègent et rafraîchissent la cadence. Les glaces turbinées minute nettoient le palais, la sculpturale « coupe Armani » noisette et caramel ramène une gourmandise assumée, vite équilibrée par l’entremet pistache-citron, précis dans son jeu d’acidité. La salade de fruits conclut sur une note limpide, comme une fin de phrase bien ponctuée.

Coupe Armani © GP

Dans le verre, le Lodai de Tenuta Fertuna, fleuron de la famille Meregalli, unissant, en Maremne toscane, du cabernet sauvignon et du sangiovese, déroule ses notes élégantes et soyeuses, qui cadrent aussi bien avec les fritures, qu’avec les propositions végétales et les pâtes. Et constitue le compagnon idéal d’un chic déjeuner de soleil germanopratin.

Massimo Tringali © GP

Armani Caffè

149, boulevard Saint-Germain
Paris 6e
Tél. 01 45 48 62 15
Carte : 70-90 €
Horaires : 12h-14h30, 19h30-22h30
Fermeture hebdo. : Ouvert tous les jours
Métro(s) proche(s) : Saint-Germain-des-Prés, Mabillon, Sèvres-Babylone.
Site: www.massimomori.net

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Publié le  3 avril 2026 par

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