Cadre noir d’Alix de Saint-André

Article du 23 janvier 2026

Alix de Saint-André est une aristo délurée, bohème et espiègle (« Papa est au Panthéon », « Il n’y a pas de grandes personnes », c’est bien d’elle). Mais quand il s’agit de son « vrai » père, le colonel Jean de Saint-André et du Cadre noir de Saumur, dont il est l’écuyer en chef, Alix ne plaisante plus. Lorsqu’en 1972, papa est viré de son poste sans explication, Alix se pose des questions, notamment les menaces contre ce grand corps d’armée qu’on menace de déplacer à Fontainebleau, ces JO où ses performances ne sont pas à la hauteur attendue et nous livre son enquête avec sagacité. Elle fouille les archives, la presse, les courriers personneles, rencontre les uns et les autres, les proches, comme les moins familiers, mais n’oublie que la reine d’Angleterre, si férue d’équitation, a félicité papa en personne pour son élégance. Drôlatique et fort sérieuse à la fois, cette plongée au noir dans les dernières années Pompidou, qui fait intervenir Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer ou Joseph Comiti, bref les caciques du gaullisme, sans oublier l’ineffable Giscard, intrigue, bouscule, remue. Comme un devoir de mémoire, ce « Cadre noir » réhabilite une figure oubliée de la Ve République, sauvant l’honneur perdu d’un colonel droit dans ses bottes de cavalier rigoureux.

Cadre noir d’Alix de Saint-André (Gallimard,336 pages, 22,50 €).

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Publié le  23 janvier 2026 par
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