Paris 12e : royal Verre à Vin !
On vous a parlé il y a pile un an de ce « Verre à Vin », niché face ou presque face à la gare de Lyon, côté droit (en y arrivant, mais gauche au retour du voyage), caché mais à peine entre les rues Traversière et de Bercy, qui constitue une sorte de QG pas si secret que ça de bons vivants, de férus de mets de tradition et de bons crus en tout genre. Christophe Chenal y reçoit toujours en seigneur, façon tavernier à l’ancienne, le bon mot à fleur de lèvres et la réplique tirée des « Tontons Flingueurs » prête à fuser, tandis que son complice de salle Rémy Demulder complète avec sérieux les commentaires maison, jouant le clown blanc d’un duo artiste comme en scène.
La maison est un musée du bistrot parigot, avec son beau comptoir en cuivre, ses tables variées et ses banquettes, ses murs couverts d’une collection de photos et de dessins rendant hommage au cinoche des années 1960/1970. « Le Beaujolais nouveau est arrivé », « les Tontons Flingueurs », « Garçon! » (de Claude Sautet), « le Cave se rebiffe » (dialogué par Audiard) donnent envie de s’attabler et d’écluser un des vins coup de coeur du moment. Christophe et Rémy, lauréats de la coupe du meilleur pot, sont diserts et abondants sur tous les vignobles, et pas seulement le beaujolais, dont la maison est riche de jolis flacons issus de chiroubles, comme celui, si fruité, du domaine des Marrans, de morgon, de côtes de brouilly, de juliénas et de moulin à vent, tarifés avec mesure.
Un séducteur rouge corse, comme le joli Natura, sans sulfite, issu de Sciaccarello, signé du domaine Saparale à Sartène, peut accompagner à merveille les plats de l’ardoise du jour comme les classiques du menu-carte maison : oeuf mayo et jambon prince de Paris, gâteau de foies blonds comme en Bugey avec sa sauce Nantua, os à moelle grillé, cervelle meunière avec ses câpres et joue de porc confite au vin blanc et pommes purée indiquent à point que le nouveau maestro des fourneaux, le strasbourgeois Luc Weber qui a travaillé aux Abattoirs à Cronenbourg travaille les abats avec brio.
Il y aussi le filet de daurade poêlée avec ses légumes de saison, le tartare frites, l’andouillette des 5A de chez Lemelle à Troyes ou le saucisson chaud pistaché avec ses pommes vapeur. Et en desserts, la mousse au chocolat, le flan pâtissier et le mille-feuille à la vanille sont à se pourlécher. On achève sur une chartreuse verte (« pour faire le plein d’herbes », dit Christophe), comme à Voiron. Et on prolonge ici la discussion jusqu’à plus d’heures. Même si la maison, qui sert en continu, arrête le service à 17h30, sauf le jeudi, jour béni. Vive le Verre à Vin !
Le Verre à Vin
Paris 12e
Tél. 01 43 47 18 76
Menus : 31 (formule), 35 €
Carte : 45-65 €
Horaires : 7h-17h30. Jeudi: 7h-21h
Fermeture hebdo. : Samedi, dimanche
Site: leverreavin.com












