Galerie Bortier
« Bruxelles : les plaisirs de la Galerie Bortier »
Article du 24 mars 2025
Inaugurée en 1854, cette galerie située entre la rue Duquesnoy et la rue Saint-Jean, non loin de la grand place et de la gare centrale, fut longtemps celle des bouquinistes et des libraires, ces derniers ont en partie disparu et sont peu à peu remplacés par des commerces de bouche qui donnent leur visage au nouveau Bruxelles.
Le café Kawa, qui propose solide, liquides et également les livres exposés, la table indienne « Naanry », le comptoir marin « Polpo », le « bar à bibine », la trattoria « Grazzosa », le charcutier « Dierendonck », le syro-libanais « Mezze way », les livres d’art « Coumans » et le brocanteur « Van Cutsem » comme les ouvrages de seconde main « Génicot »coexistent là dans la bonne humeur.













L’article comporte des erreurs factuelles et des imprécisions :
« Inaugurée en 1854 » : non, en 1848. En réalité la Galerie Bortier est un passage qui mène au Marché de la Madeleine (fruits, légumes, poulets), premier du genre à Bruxelles, mais qui n’arrivera jamais à être garni ni rentable… alors que les libraires, installés dans la galerie (et même sur le marché) connaîtront un succès immédiat.
« cette galerie située entre la rue Duquesnoy et la rue Saint-Jean » : non, entre la rue de la Madeleine et la rue Saint-Jean.
(…) fut longtemps celle des bouquinistes et des libraires, ces derniers ont en partie disparu : non, la plupart des libraires ont été progressivement et sciemment évincés par la Régie foncière de la Ville de Bruxelles, propriétaire de ce bien public, pour y imposer un exploitant (ami personnel du maire de la municipalité), à la tête un empire qui installe des food courts et des food markets un peu partout dans la capitale, tout en cultivant une image « artisanale » et « cool ».
« et sont peu à peu remplacéS par des commerces de bouche qui donnent leur visage au nouveau Bruxelles : le centre-ville est CROULE sous les « commerces de bouche », créant un déséquilibre de l’offre touristique qui finira par être contre-productif, même pour des touristes qui ne font que passer.
Par ailleurs le Salon de thé (appelé « Café littéraire »), avec sa fausse bibliothèque/présentoir (on vire des libraires et on installe un décor fake qui recrée une « ambiance authentique »), ne présente que des ouvrages de cuisine. On se croirait sur un plateau de cinéma : l’Europe vue par Hollywood.
Very instagrammable, indeed !
Libraires et commerces de bouche « coexistent là dans la bonne humeur ». Hum… Les libraires font bonne figure, mais se plaignent de l’invasion de leur boutique par des curieux, verre de bière ou toast au fromage à la main, qui prennent un livre, le feuillètent et le redéposent n’importe où, et autres joyeusestés du même genre.
L’exploitant du lieu a d’ailleurs demandé aux libraires d’étendre leurs heures d’ouvertures en incluant les dimanches et les lundis : refus des libraires, qui ont une vie de famille, et n’ont pas pour objectif la rentabilité maximale du lieu (à la différence du gestionnaire) mais juste vivre dignement de leur travail, enrichi des rencontres et échanges avec leurs clients qui sont bien souvent des amis. Un privilège aujourd’hui menacé par la gestion « centre commercial » du nouveau maître des lieux qui impose sa musique et les effluves de cuisine à tout le monde, y compris les libraires.
Un détournement lamentable d’un lieu UNIQUE en un projet d’une banalité affligeante mais dopé par la beauté du lieu qui apporte une plus-value à des restos qui, dans un autre cadre, n’auraient rien de particulier.
Pour plus d’infos sur l’histoire de la Galerie, le site :
https://www.galeriebortier.net/