le Saint-Nazaire de Patrick Deville
On connaissait le Nantes de Julien Gracq (la Forme d’une ville) et le Brest de Louis le Guilloux (Brest, de brume et de feu), voici le Saint-Nazaire de Patrick Deville, manière de souligner que le grand Ouest et tout particulièrement les grandes villes bretonnes inspirent hautement les écrivains. L’auteur de « Peste & Choléra » – qui évoquait la vie d’Alexandre Yersin, le découvreur de la toxine diphtérique, et ses séjours de celui-ci en Indochine – narre ici toute la magie de sa ville natale toute entière tournée vers le large. « Les ports de mer, écrit-il, attirent les écrivains comme le phare appelle à lui la tempête ». Les chantiers navals où furent construits le Normandie, le France ou le Queen Mary 2, l’immense base sous-marine, l’ancien lazaret de Mindin, sa terre d’enfance, , de l’autre côté de l’estuaire, le pont en S suspendu à soixante mètres au-dessus des flots, les expéditions lointaines vers Saïgon et Hanoï,, les escales à Nha Trang ou Hué, non loin du Da Lat cher à Yersin: voilà qui requiert notre Nazairien aux prises avec une évidente nostalgie maritime. Comme un bel hommage à ses flottantes racines.
Saint-Nazaire est un roman sans fiction, de Patrick Deville (Seuil, 156 pages, 17 €).






