Pentothal d’Eric Neuhoff

Article du 28 janvier 2025

 

Une route en Espagne, la place du mort, le brouillard d’une vie qui s’en va dans un accident de voiture, une jambe en compote et l’internement un an durant à Jouvenet, clinique dans une impasse, non loin du boulevard Exelmans et de la porte d’Auteuil, puis le réapprentissage de soi-même et, surtout, toute l’époque qui défile, les écrivains, le cinéma, Sautet, Truffaut, Déon, Geneviève Dormann (mieux que Yourcenar !), Patrick Besson (qu’Eric rêve d’imiter), les choses de la vie, quoi, comme échappées d’une nuit espagnole, qui a volé une part de sa jeunesse. Quand Eric Neuhoff évoque le drame qui, à 22 ans, l’a immobilisé de longs mois, la persévérance de ses parents qui le sauvent de l’amputation, les nuées d’amis qui viennent le voir, les nuits du « Rachdingue », une boîte en vogue sur la Costa Brava, une rencontre avec Henri-François Rey – sans sa chemise de Guardian -, le compte-rendu d’hôpital vire vite au récit littéraire et au document d’époque. L’humour prend le pas sur l’émotion. C’est beau comme une trame pop’art, lissé comme un Warhol. Et notre héros, comment se porte-t-il? Sacré Eric, toujours vivant, malgré de récentes facéties dans le Perche ! Quand est-ce qu’on déjeune ?

Pentothal d’Eric Neuhoff (Albin Michel, 212 pages, 19,90 €).

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Publié le  28 janvier 2025 par
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