Hommage à Bernard Pivot

Article du 5 décembre 2024

Il était le « roi lire » (expression, en clin d’oeil au roi Lear de Shakespeare, forgée par son copain Robert Sabatier, lors d’un festival du livre à Brive), le prince d’Apostrophes, l’amoureux du beaujolais, le fou de foot,  le show man des « mots m’ont mangé », la star de Twitter, où il se révélait moraliste façon La Bruyère contemporain, le trait d’union entre les écrivains qu’il aimait, fit aimer, révérait. Bernard Pivot avait le goût des autres. Et le magnifique hommage que lui rendent aujourd’hui ses deux filles, Agnès et Cécile, dans un album de souvenirs avec d’émouvantes photos d’archive, plus les textes de ses amis en contrepoint et notamment celui de Pierre Assouline, avec lequel il travailla au magazine « Lire » et auprès de qui il siégea au sein de l’Académie Goncourt, est à son image : drôle, composite, chaleureux bigarré, humain, profondément humain. Michel Platini voisine là avec Paul Bocuse, Jean d’Ormesson est en bonne place, comme François Mitterrand, VGE ou Patrick Modiano. Invités d’Apostrophes, compagnons de journalisme, amis de tables, sujets d’admiration (qui tire aujourd’hui les coups francs comme Platini?) : tous sont là au garde-vous. Comme Marguerite Yourcenar à Petite Plaisance dans le Maine (USA) ou Michel Tournier dans son presbytère de Choisel au coeur de la vallée de Chevreuse (et non de la Creuse ! – petite coquille de la page 123). On tourne les pages, on revient en arrière, on se dit que ce Pivot aux mille visages, tous attachants, est celui d’un personnage d’exception aux facettes multiples, gourmands de vin, de mots, de rencontres. Un homme de coeur. Bernard, tu nous manques !

Bernard Pivot le goût des autres, d’Agnès et Cécile Pivot (Calmann Lévy, 252 pages, 22,90 €).

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Publié le  5 décembre 2024 par
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