Le sushi comme obsession
Jad Ibrahim a 19 ans quand il découvre la cuisine au Benkay, dans le 15e parisien, côté Beaugrenelle. Il est avec sa mère, fête son anniversaire. Pour ce garçon bûcheur et obstiné, qui se nourrit mal, est en surpoids, donne des cours de rattrapage aux enfants pour payer ses études, ce repas est une révélation. Le service attentionné l’impressionne, et le moment où le poisson découpé avec maestria, où le riz aéré, à peine vinaigré, touche son palais est pour lui un temps fort de sa vie et le début d’une grande aventure. Ce faisant il va grandir, vivre, évoluer dans la quête obsessionnelle du sushi parfait, apprendre au passage le japonais durant le confinement. De maîtres en maîtres de la découpe et du poisson, du mollusque ou du coquillage immaculés, de Paris (Okuda, Taku Watanabe chez Jin, Hanada, Sushi B, Yoshinaga) à Brest (Hinoki), de Barcelone à Londres (Endo at the Rotunda), de Copenhague (Sushi Anaba) jusqu’à New York, pour aboutir dans un Japon crépusculaire, à Tokyo, Fukuoka ou Osaka où les maestros du genre abondent. Le jeune fou du sushi devient peu à un peu un « Indiana Jones » du nigiri, atteignant l’extase et sacrifiant tout, ses heures, son argent, sa vie, au service de sa passion. Destiné aux gourmets exigeants comme aux amoureux du Japon – et ceux qui le deviendront – , ce livre se lit avec son précieux glossaire et ses jolies photos souvenirs, comme une quête passionnante, existentielle, jamais futile. A mettre dans toutes les mains de ce qui acceptent le grand jeu de la gourmandise buissonnière.
La quête du sushi parfait, de Jad Ibrahim (Les Arènes, 198 pages, 17 €).








