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Rouart, l’île d’Elbe et la maîtresse italienne

Article du 7 janvier 2024

L’île d’Elbe, au large de la Toscane et de Livourne, ses demeures simples et rustiques, le port de Portoferraio :  ce devrait être sinon la dernière demeure, du moins le dernier royaume de Napoléon Ier, renommé ici « le grand proscrit », par Jean-Marie Rouart, qui connaît son sujet. Lui qui fut l’auteur d’un vibrant et émouvant « Napoléon ou la destinée » se penche sur le moment où l’empereur se demande s’il doit revenir, si le jeu en vaut la chandelle, tandis que le congrès de Vienne doit décider de son sort. Procédant par courts chapitres, troussés avec une  constante habileté, il nous promène à Paris, à Florence, à Vienne. Il y a les traitres plus ou moins lâches, plus ou moins avoués, les fourbes, les ennemis vrais, ceux dont il y a plus à observer qu’à craindre, la famille aussi qui veille, Pauline, Madame Mère, Murat prêt à (presque) tout pour conserver son trône de Naples, les Talleyrand et Fouché, bien sûr, traitres de nature, même si le premier a des faiblesses amoureuses, Metternich le roué ou Louis XVIII le falot. L’un des personnages centraux du livre est le jeune colonel anglais Neil Campbell, chargé de surveiller le proscrit vénéré et d’empêcher sa fuite. Il faudra qu’une maîtresse italienne joue de ses charmes et de sa malice pour écarter ce dernier de sa mission… Mais on a déjà trop dit. Rouart qui aime les faillis, les vaincus,  s’attache à l’humain, faisant entrer la petite histoire dans la grande, s’attarde sur les vices, les amours, les faiblesses des uns et des autres. Son île d’Elbe, avant l’épisode des Cent Jours, devient le centre du monde. Le magnétisme du vainqueur d’Austerlitz, son charisme, sa puissance morale prend le pas sur sa fatigue, ses désillusions, son désarroi. Autant dire que ce bref roman rédigé avec une constante élégance, cumulant portraits au vif et formules adroites, est un constant bonheur de lecture.

La maîtresse italienne, de Jean-Marie Rouart (Gallimard, 176 pages, 19 €)

A propos de cet article

Publié le  7 janvier 2024 par

Rouart, l’île d’Elbe et la maîtresse italienne” : 1 avis

  • yv35

    où l’empereur se demande s’il doit revenir, si le jeu en vaut la chandelle, tandis que le congrès de Vienne qui doit décider de son sort.
    Il faudra qu’une maîtresse italienne fasse jouer de ses charmes et de sa malice pour écarter ce dernier de sa mission…
    bon, là je vous laisse deviner,sinon, je vais être bientôt employé à plein temps je veux bien que ce soit mal payé, mais quand même!.

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